44 ° NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.maritime positif à désirer la paix, je n’en avaispas moins sur le continent : ma puissance nepouvait s’y étendre plus loin qu’aux dépens desa solidité; il fallait la rendre invulnérable enliant par des institutions et des avantages réci-proques toutes les parties qui composaient cetimmense édifice. Pour qu’une paix fût possibleet durable, il la fallait telle que les deux partisn’eussent point à la regretter; et c’est ce quiétait impossible : une trêve d’un an ou deux n’eûtfait que profiter à l’Angleterre, et ruiner notrecommerce en l’enhardissant à des entrepriseslointaines. Afin d’obtenir la pacification entièreet durable que nous devions désirer, il fut con-venu que la Russie proposerait sa médiationpour la paix, et que si l’Angleterre s’obstinait àla rejeter, la Russie accéderait au système con-tinental. Ce système, qu’on a si injustement dé-crié sans le comprendre, pouvait se diviser endeux branches distinctes : la partie politique, etla partie commerciale ou maritime.
Sous le rapport commercial, deux points devue essentiels devaient me servir de guides : lepremier était de chercher à ruiner le commerceanglais , afin d’enlever au ministère la faculté desoudoyer le continent et de poursuivre la guerre;le second était de combattre son industrie endéveloppant la nôtre. Pour cela, il fallait ouvrir