CHAP. XI J. ANNÉES 1807 ET 1808. 9
dre mes troupes. Il s’embarqua le 27 novembre,emmenant tout ce qu’il put de sa flotte et untrésor de 5oo millions (1). Les vents contrairesle retinrent deux jours dans le Tage ; nostroupes n’étaient plus alors qu’à deux lieues deLisbonne où elles entrèrent le lendemain.
Junot mit une telle précipitation dans samarche, qu’il traversa, sans la moindre précau-tion, la contrée stérile d’Alcantara à Castel- branco , et les affreuses montagnes qui séparentcette ville d’Abrantès , où son armée faillit périr.Il ne se présenta devant Lisbonne qu’avec a à3 mille hommes qui ressemblaient plus à desspectres qu’à des conquérants. Cette rapiditéétait commandée par le désir de prévenir l’émi-gration du gouvernement. Junot y attacha tantde prix, qu’il entra à Lisbonne suivi d’une faibleescorte, et fit même tirer sur l’escadre par lesbatteries portugaises, tant était grande la ter-reur qui le devançait. Il n’en arriva pas moinstrop tard, et cette marche imprudente et préci-pitée ne contribua pas peu à nos revers ulté-rieurs dans ce pays, en montrant aux Portugaisnos jeunes conscrits affamés, comme des adver-saires peu redoutables, première impression qui
(1) Il emmena 8 vaisseaux, 3 frégates , 4 bricks, et laissa5 vaisseaux, 5 frégates, 12 goélettes.