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Tome premier.
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CH AP. II. CAMP. DE 1796 EN ITALIE .

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il achetait sa neutralité au prix de dix mil-lions : il devaitlivrer des munitions, des che-vaux pour l’artillerie et la cavalerie, desfournitures de vivres pour les magasins del’armée; et, ce qui valait mieux, un bonnombre de chefs-d’œuvre de peinture et desculpture, pris à mon choix dans ses gale-ries. Le duc de Modène s’était enfui à Ve-nise ; la régence qu’il avait instituée s’em-pressa de conclure avec moi un armisticeaux mêmes conditions.

On les trouvait un peu dures, surtoutpour le prince de Parme à qui sa qualitéd’infant d’Espagne semblait mériter un meil-leur traitement. Mais il avait fermé l’oreilleà toutes les propositions d’accommodementqui lui avaient été faites, même après mesvictoires de Montenotle ; et il devait porterla peine de son attachement à nos ennemis.

Combat de Fombio.

Beaulieu, informé enfin de notre mouve-ment sur Plaisance, manœuvra pour s’yopposer. Ce général octogénaire, au lieu dese porter avec vigueur contre la partie denotre armée qu’il aurait déjà trouvée au delàdu fleuve, ne prit que des demi-mesuresinsuffisantes pour arrêter notre essor. Ilrésolut d’appuyer sa gauche vers l’Adda,sans abandonner toutefois la ligne du Tésin,où il laissa sa droite. Le 8 mai, le généralLiptay, qui commandait sa gauche, vints’établir à Fombio, en face de mon avant-garde. Je ne doutais pas que Beaulieu,avec son corps de bataille, ne le suivîtde près. Il fallait donc attaquer sans délaiLiptay, pour n’avoir pas sur les bras de plusgrandes forces. J’en donnai l’ordre au gé-néral Lannes, qui l’exécuta avec cette valeuret cette impétuosité qui illustrèrent depuissa glorieuse carrière. Liptay fut défait, sé-paré de Beaulieu, et rejeté sur Pizzighetone.

Dans la nuit même qui suivit cette affaire,

Beaulieu arriva sur le terrain où son lieute-nant venait d’être battu; et ses coureurs, em-pressés d’opérer la jonction, se présentèrentàCodogno, occupé par la division Laharpe .Dans le premier moment de surprise, il yeut du désordre aux avant-postes; la géné-rale battit dans Codogno : Laharpe , accourupour reconnaître ce qui se passait, tombafrappé par les siens.

Toutefois, cette écbauffourée n’eut pointde résultats. Beaulieu, non content d’avoirmorcelé son armée, avait encore éparpilléle corps qu’il amenait avec lui depuis le Pôjusqu’à l’Adda, en sorte qu’il n’avait sous lamain que trois bataillons. Se voyant en pré-sence de forces supérieures, il sentit qu’ilne lui restait d’autre parti à prendre quede concentrer toute son armée vers Lodi ,où il avait un pont sur l’Adda : sa droite,qui était encore dans les environs de Pavie,dut gagner Cassano , ce qu’elle n’auraitpas réussi à faire si les difficultés insépa-rables d’un passage de fleuve sans pontn’eussent malheureusement retardé notremarche.

Marche sur l’Adda.

Bien que la route de Milan restât ouverteà mes troupes, la possession de cette impor-tante ville ne pouvait être que très-précaire,tant que l’ennemi se maintiendrait derrièrel’Adda. Il fallait avant tout l’obliger à s’enéloigner. Je marchai sur Lodi avec les gre-nadiers réunis et les divisions Masséna etAugereau. Une division fut laissée devantPizzighetone pour masquer cette place etcouvrir ma droite. Comme j’ignorais en-core que les troupes ennemies postées surle Tésin eussent déjà rejoint le gros deleur armée derrière l’Adda, je crus devoirprendre aussi des mesures de sûreté pourma gauche, et je dirigeai Serrurier surPavie.