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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
d’assaillir l’Autriche , tout en contenant lemidi de l’Italie .
Notre artillerie de siège étant alors em-ployée contre la citadelle de Milan , il fallutd’abord nous contenter d’investir la place demanière à en éloigner tout secours. II fallait àcet effet être absolument maître du coursde l’Adige, et la clef de ce fleuve est Vérone ,dont la position, peut-être sans égale, formela base de tout un système sur cette ligned’opérations.
Les Autrichiens avaient passé à Crëma,et, de gré ou de force, on leur avait laisséoccuper Peschiera , deux places appartenant,comme Vérone , aux Vénitiens.
J’en pris acte pour sommer cette ville, etle faible Foscarini ne fit usage des pleinspouvoirs dont il venait d’être investi, enterre ferme, que pour nous en ouvrir lâche-ment les portes (i er juin).
Cette précieuse acquisition nous procu-rait trois beaux ponts sur l’Adige : un corpsde place bastionné, et deux châteaux forts,qui, perchés sur les derniers versants desmontagnes du Tyrol, ferment hermétique-ment la vallée de l’Adige par la rive gauche.
En attendant l’artillerie nécessaire pourle siège de Mantoue , je fis chasser la gar-nison de toutes les avenues, et retrancherles quatre digues sur lesquelles seules onpeut en déboucher ; en sorte qu’avec quatremille hommes j'en empêchais quatorze millede sortir du côté du Seraglio et du Pô. Lecôté de la citadelle seul exigeait aussi quatremille hommes. Serrurier fut chargé de cetinvestissement ; Augereau demeura en obser-vation sur le bas Adige vers Legnago.
Armistice avec Naples.
Heureusement, dans ces entrefaites, notrehorizon politique s’éclaircissait peu à peu :ébranlé par l’exemple du roi de Sardaigne ,sollicité par celui d’Espagne , las d’une guerre
qui l’ennuyait, et dont il n’entrevoyait queles charges sans aucun avantage réel, cédantenfin aux instances du cabinet de Madrid,Ferdinand iv demanda à traiter. Le princede Belmonte-Pignatelli arriva à cet effet àmon quartier-général, au moment où lestroupes de son maître venaient de partagerla défaite de Beaulieu dans les plaines duMincio. Nous avions peu d’intérêts à démê-ler, et il était facile de nous entendre. Jelui accordai un armistice, à condition queson contingent quitterait aussitôt l’arméeautrichienne et reprendrait le chemin duroyaume de Naples . Je laissai à son ministrele soin de s’arranger pour le fond à Paris avec le Directoire ; ce qui traîna plus de sixmois, on ne sait trop pourquoi.
Cette paix était néanmoins des plus impor-tantes pour notre avenir ; car si ce prince,dont les états peuvent fournir et alimenterune armée de 50 mille hommes, eût conti-nué d’agir hostilement, il nous eût mis dansle plus grand embarras. La situation géogra-phique de son royaume, qui lui permettaitde déboucher sur la rive droite du Pô toutesles fois qu’il le jugerait convenable, nousempêchait, au contraire, de pousser nossuccès jusqu’aux confins de son royaume.Blotti au fond de la péninsule, il pouvaitfrapper dans les circonstances favorables, ets’enfoncer dans son repaire, aussitôt quenous ferions des démonstrations sérieusescontre lui. Annibal avait fait la guerre dixans contre l’empire romain, dans le mêmepays et avec des circonstances bien moinsfavorables : heureusement ce n’était pas àNaples qu’il fallait, de nos jours, chercherun Annibal.
Après les traités signés avec les rois de Sar-daigne et de Naples , nous n’avions plus d’en-nemis avoués en Italie que le pape. Si j’avais