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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

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port. Si cette capture nous échappa, nousn’en fîmes pas moins une très-riche par lasaisie de toutes les marchandises et pro-priétés anglaises. Le grand-duc, ayant ob-servé exactement la neutralité à laquelle ils’était obligé Tannée précédente, il n’y avaitque l’extrême utilité de celte mesure qui pûtla justifier. La position de ce port en facede la Corse, alors occupée par dix milleAnglais , pouvait allumer, sur nos commu-nications , un incendie général, pour peuque le cabinet britannique voulût sérieuse-ment agir au centre de la péninsule. Jelaissai garnison à Livourne ; mais je traitaile grand-duc avec tous les égards que mé-ritait son noble caractère , son titre deprince de la maison d’Autriche , et celuid’héritier du vertueux Léopold.

Ces expéditions agrandirent le rayon denotre influence intérieure : la reddition duchâteau de Milan, qui eut lieu le 29 juin,acheva de raffermir les esprits des Lom-bards en notre faveur.

Siège de Mantoue .

N’ayant rien de mieux à faire, je m’ap-pliquai alors au siège de Mantoue . Les vil-les que je venais de conquérir me fourni-rent, pour cette entreprise, une artillerieassez nombreuse, et celle qui avait servi àMilan compléta notre parc. La tranchée futouverte le is juillet.

La division Serrurier, forte de 10 millehommes, fut destinée aux travaux du siège.Le reste de mon armée était en observationsur TAdige jusqu’à la rive occidentale du lacde Garda. La division Àugereau, de 8 millehommes, formait la droite à Legnago; Mas-

[t] Le vieux maréchal Wurmser servait, depuiscinquante ans, en Autriche , quoique noble Alsacien.Il s’était distingué dans la guerre de sept ans, danscelle de Turquie . 11 avait forcé, en 1793, les lignes

séna , avec 15 mille, était au centre à Rivoliet Vérone ; le général Sauret, avec 4 mille,composait la gauche à Salo ; la réserve, de6 mille, se trouvait entre la droite et lecentre. Dans cette position, je conservaisla faculté de réunir, par des mouvementsconcentriques intérieurs, la totalité de monarmée sur Tune ou l’autre rive du Min-cio , selon la manière dont l’ennemi déve-lopperait ses forces, qui s’étaient trop ac-crues pour demeurer plus longtemps dansl’inaction.

Grands efforts des Autrichiens pour la sauver.

Le cabinet de Vienne , justement alarméde mes progrès, avait résolu d’y mettre unterme, en m’opposant une nouvelle arméeet un nouveau général. Le maréchal Wurm-ser, parti de Manheim avec 20 mille hommesd’élite, remplaça Beaulieu [1]. Ce puissantrenfort, tiré de l’armée du Rhin, joint àceux des provinces de l’intérieur, porta àsoixante mille combattants la force de l’ar-mée autrichienne , réunie à Trente vers lesderniers jours de juillet. Cette supérioritésemblait assurer la victoire aux ennemis.Mes adversaires triomphaient; leur calculsemblait juste; cependant l’événement leurdonna un démenti. C’est que dans l’évalua-tion des forces respectives, on avait oubliéde mettre en balance ce que valait le géné-ral en chef : on avait fait plus d’honneurà la bosse de Luxembourg .

Wurmser arrive du Rhin .

Dans les derniersjours de juillet, Wurm-ser déboucha du Tyrol. Quasdanowich,avec 25 mille hommes, se porta, par la rive

de Wissembourg , battu Pichegru à Heidelberg en 1795, et envahi le Palatinat . C’était un vieuxhousard encore plein d’énergie; mais il y a loin delà à un grand général