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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

Le corps de blocus eut ainsi la facilité derepousser les assiégés.

Revers de nos armes en Allemagne .

Ces événements étaient d’autant plus heu-reux, que les armées d’Allemagne , au con-traire, étaient ramenées jusque sur le Rhin .J’ai déjà dit que l’archiduc Charles avait sa-gement résolu de jeter le gros de son arméesur Jourdan, certain, s’il le battait enFran-conie, de le ramener sur Mayence et decompromettre Moreau, qui s’était avancéjusqu’à Munich . Le succès était infaillible :et si, après la bataille de Wurtzbourg quel’archiduc gagna le 5 septembre, il se fûtjeté sur les communications de Moreau,en se bornant à faire suivre les débris deJourdan par 20 mille hommes, c’en étaitfait de l’armée du Rhin. Moreau, faible-ment inquiété, fit sa retraite en bon or-dre, pendant que l’archiduc courait sur laLalin.

Nos armées revinrent défendre Kehl etDusseldorf ; l’archiduc concentra tous sesmoyens sur le Haut-Rhin, pour reprendreKehl , que Moreau et Desaix défendirent àmerveille, jusqu’au milieu de janvier.

Pour comble de contrariété, le Directoire remplaça Jourdan par Bournonville. Celui-ci était en effet bien au-dessous de son pré-décesseur. Quoique renforcé par 20 millehommes de superbes troupes venues de l’ar-mée qui occupait depuis deux ans la Hol-lande, et par 2s mille qui avaient bloquéMayence, il resta oisif pendant deux moisavec 80 mille hommes, contre 25 mille Au-trichiens.

Cette oisiveté était d’autant plus blâma-ble, qu’elle avait lieu en novembre et dé-cembre , à l’époque la plus critique pourMoreau et pour moi; car je venais d’éprouverde rudes pertes sur la Brenta, à Caliano età Arcole.

Mesures pour consolider nos conquêtes.

Venise ayant rejeté notre alliance, il fallutadopter un plan qui pût nous tirer de la po-sition critique dans laquelle nous nous trou-vions.

Je fis les plus vives instances à l’effet d'ob-tenir du Directoire les forces nécessaires,non-seulement pour nous maintenir, maisencore pour assurer la chute de Wurmser,et porter ensuite mes efforts jusqu’au cœurde la monarchie autrichienne.

Le Directoire m’envoya d’abord une divi-sion tirée de l’armée des côtes de l’Océan;mais les troubles excités dans le Midi par laréaction royaliste en firent retenir une partieen Provence , et le général Rey m’amena àpeine 6 mille hommes ; tandis qu’il eût étéfacile de m’en envoyer 25 mille, si l’on n’a-vait pas entrepris, dans ce moment peuopportun, une descente en Irlande .

Expédition d’Irlande .

Le but de cet ouvrage étant uniquementde parler de ce qui me concerne, et non detracer l’histoire d’une époque à laquelle jene tenais point le timon de la France , je nem’étendrai ni sur ce qui se passait alors danscette île, ni sur les négociations entaméesà Paris par lord Malmesbury . Je dirai seu-lement que le Directoire , méditant uneexpédition de 25 mille hommes sous Hoche,pour porter aux 4 millions de catholiquesirlandais un point d’appui qui pourraitébranler la puissance anglaise, négligeaitpour ce but important, mais intempestif,l’envoi des renforts qu’on aurait pu m’en-voyer de l’armée des côtes. Rien n’étaitplus naturel que de tenter l’expédition d’Ir-lande, après qu’on aurait forcé l’Autriche àla paix; mais il était imprudent de vouloir ladicter à la fois dans Vienne et dans Dublin ,avec le peu de forces dont on disposait alors.Hoche partit en effet le 14 décembre de