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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
restait derrière la Piave, ne laissant pour ladéfense du Tyrol que le général Laudonavec environ 8 mille hommes. Les arrière-gardes autrichiennes furent partout culbu-tées. Au commencement de février, monarmée se retrouva dans les positions qu’elleavait occupées avant la bataille d’Arcole :Joubert sur le Lavis, Masséna à Bassano,Augereau à Citadella.
Telle fut la célèbre bataille de Rivoli, danslaquelle nous fîmes environ 20 mille prison-niers avec 30 mille combattants. Nos légionss’y couvrirent de gloire, et surpassèrent larapidité tant vantée des légions de César.Les mêmes troupes que j’avais fait sortir deVérone , et combattre vers St-Michel le 13,marchèrent toute la nuit sur Rivoli, y com-battirent dans les montagnes le 14 jusqu’à lanuit, revinrent sur Mantoue le 15, et firentcapituler Provera, qui les croyait battuesdans les rochers de la Corona.
Wurmser capitule à Montoue.
Mantoue capitula enfin le 2 février : la gar-nison, aux abois, avait déjà mangé tous seschevaux; et la mortalité, qui s’y était intro-duite, l’avait considérablement affaiblie. Ce-pendant elle comptait encore environ 13 millehommes sous les armes, qui, déclarés pri-sonniers de guerre, furent conduits à Trieste pour y être échangés. Le nombre des mala-des n’était pas moins de 7 mille; nous retrou-vâmes l’artillerie de siège que nous avionsabandonnée à l’époque de Castiglione, et350 pièces, tant sur les ramparts que dansl’arsenal.
Expédition sur la Romagne.
Pendant que j’étais aux prises avec Al-vinzi, la cour de Rome, séduite par lesinstigations de mes ennemis, avait rompul’armistice conclu au mois de juin, et fai-sait des armements extraordinaires dont
elle confiait le commandement au généralColli, que le cabinet de Vienne lui avaitenvoyé à cet effet. Il fallait la punir, autantpour l’exemple des autres, que pour se dé-barrasser d’un ennemi peu dangereux, maistoujours incommode. Jeformai une divisiondont je donnai le commandement au géné-ral Victor, et que je dirigeai sur Imola , oùelle arriva le 2 février. La campagne ne futni longue ni sanglante. Un corps de 4 millehommes de troupes papales voulut défendrele Senio : il fut culbuté avec grande perte.Le 9, Victor arriva à Ancône , où il fit en-core mettre bas les armes à 12 cents hom-mes. Notre avant-garde s’empara de Notre-Dame-de-Lorette et de son fameux trésor.Le 18, nous nous avançâmes jusqu’à To-lentino. La terreur était au comble dansRome .
J’étais maître des états du pape; mais iln’entrait pas dans mes vues de détruire sapuissance : d’ailleurs cela n’était pas si fa-cile qu’on l’imagine dans la situation où setrouvaient alors les affaires ; nous avions àménager les cours de Madrid et de Naples qui s’intéressaient à lui; indépendammentde cette considération, il eût été imprudentde nous affaiblir par les garnisons qu’il aurait fallu laisser à Rome ou dans les autresplaces ; ce n’était pas à l’ouverture d’unecampagne décisive, au cœur de l’Autriche que j’aurais commis une faute aussi grave.
J’écrivis donc à Rome pour proposer unaccommodement. On s’empressa de m’en-voyer des plénipotentiaires. La négociationne fut pas longue. Il ne s’agissait pas detraiter; il n’y avait qu’à signer les condi-tions que j’imposerais. La paix fut conclueà Tolentino le 19. Le pape confirma la ces-sion d’Avignon, du Comtat , et des léga-tions de Ferrare et de Bologne . Il renonçaencore à la Romagne , et s’obligea à payerune contribution de trente millions. Ces