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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CESAR, ETC.
donnai même à entendre qu’il voudrait vai-nement se jeter dans l’autre balancier en sedéclarant pour l’Autriche , car avant quinzejours j’aurais chassé les impériaux duFrioulet envahi la Carinthie .
Armements du sénat.
Le sénat avait pris son parti : il noushaïssait trop pour embrasser notre cause;il avait trop peur de nous et de l’influenceautrichienne pour se jeter dans les bras del’Autriche . Il n’eut que le courage du pol-tron : il résolut de nous imposer en se met-tant en défense, et de jurer jusqu’au boutde sa neutralité absolue. On s’était aigri depart et d’autre à tel point que je ne pouvaisplus être dupe de cette neutralité ; elle eûtduré tant que la victoire nous eût favori-sés ; mais au moindre combat douteux surles Alpes noriques, 20 mille Vénitiens, se-condés de la levée en masse des paysans,eussent fondu sur nos derrières, égorgénos dépôts, coupé notre retraite.
Cet état de choses ne m’aurait pointalarmé, si le Directoire en eût fini avec leroi de Sardaigne ; car alors le contingentpiémontais m’eût permis de laisser 10 àt2 mille Français pour neutraliser Venise .Mais la cour de Turin voulait qu’on lui ga-rantît tout ou partie de la Lombardie , etle Directoire ne voulait pas se lier de ma-nière à en faire une condition sine quâ nonde la paix avec l’Autriche . C’était un enfan-tillage, car une pareille clause est toujourséventuelle : à l’impossible nul n’est tenu;et nous avions sur la rive droite du Pô dequoi l’indemniser au besoin.
Je me décide à prévenir l’archiduc avant la réunion deses forces.
Cependant l’archiduc, ayant pris les de-vants, s’était rendu de sa personne sur laPiave, en attendant les trois divisions qui
lui venaient du Rhin par le Tyrol ou lavallée de la Drave , et qui se trouvaientencore fort éloignées.
Bernadotte et Delmas étaient arrivés de-puis huit jours à mon armée, que les secoursautrichiens traversaient encore la Bavière .Me trouvant ainsi en mesure avant l’ennemi,il s’agissait d’en profiter. Je résolus de leprévenir et de l’attaquer à outrance, sansm’embarrasser des Vénitiens. La divisionVictor, restée à Ancône pour l’exécutiondu traité avec le pape, reçut l’ordre de re-venir sur l’Adige , où elle couvrirait mescommunications. Je m’ébranlai avec les di-visions Masséna, Bernadotte , Serrurier etAugereau (cette dernière commandée alorspar Guyeux), le tout formant 38 mille hom-mes. Je donnai à Joubert les divisionsDelmas, Baraguay-d’Hilliers, et celle qu’ilcommandait lui même à Rivoli; ce qui mon-tait à 17 mille combattants.
Projet d’opérations.
En partant du Mincio, deux lignes d’opé-rations se présentent pour agir contre lesétats héréditaires de l’Autriche : la première,au nord par la vallée de l’Adige ou le Tyrol;la deuxième, à l’est, par le Frioul et la Car-niole. On voit que ces deux lignes formentun angle droit dont Vérone est le sommet.L’ennemi les occupant toutes deux, on nepouvait en prendre exclusivement une, sansprêter le flanc et les derrières au corps quidescendrait de l’autre. Le Tyrol offre plusde difficultés en faveur de celui qui se dé-fend, et ne menait pas aussi directementau cœur des états héréditaires; d’ailleurs,ses vallées resserrées ne permettaient pasd’y développer mes forces. Dès lors, leFrioul me convenait mieux. Toutefois, onne pouvait s’avancer sur Udine sans prêterle dos à l’ennemi qui déboucherait du Tyrol.Il convenait donc, non pas de former une