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Tome premier.
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CHAP. III. CAMP. DE 1797 EN AUTRICHE .

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jeté la république entre les bras des An-glais, et fait de Venise un poste imprena-ble dans les mains des insulaires. Nous nepouvions nous y introduire qu’à l’aide d’unparti qui nous y appellerait et neutraliseraittoutes les dispositions de sa défense. Telsfurent les motifs du mouvement excité parVilletard, et du gouvernement provisoirequi en fut le résultat. La postérité pronon-cera sur une ruse qui devait empêcher lesang français de couler pour la conquêtede Venise , et prévenir l’occupation de ceposte inexpugnable par nos ennemis mari-times. Nos détracteurs l’ont présentéecomme une insigne félonie. Les mânes denos soldats égorgés à Vérone , et du capi-taine Laugier assassiné par les Esclavonssur son bâtiment dans le port de Venise ,nous la feront pardonner, surtout si l’onconsidère encore qu’à l’époque de notreentrée on avait le projet de conserver l’exi-stence de la république en lui donnant quel-ques compensations à la droite du Pô. Aurésumé , Venise ne dut pas être plus éton-née de passer par nos mains dans celles del’empereur d’Autriche que les républiquesde Dantzick, d’Elbing et de Thorn ne l’a-vaient été de devenir prussiennes. Les dé-clamations des moralistes ne changerontpas la marche des affaires de ce monde.L’historien Botta, après avoir cité avec ad-miration les philippiques des prêtres quiappelaient les peuples à l’assassinat, trouvefort mauvais que nous ayons traité cesmessieurs en ennemis; c’est ainsi qu’onécrit l’histoire !

Je me rends à Milan .

Après ces événements, j’établis monquartier-général à Passeriano, près d’U-dine, où j’attendis les plénipotentiaires quel’empereur devait envoyer pour traiter dela paix définitive. J’avais signé à Monte-

bello, le 24 mai, une convention préalableavec le duc de Gallo pour accélérer la mar-che des négociations. Le cabinet de Vienne ayant refusé de la ratifier, je me rendis àMilan pour hâter l’organisation de la répu-blique cisalpine , en y annexant tous les paysqui en feraient partie, et prouver ainsi àl’Autriche qu’il n’y aurait pas à revenir là-dessus. Modène, Reggio, Bergame , Fer-rare , Bologne, furent annexés à la Lom-bardie pour la formation d’un seul état quicomptait près de 3 millions d’habitants. Jefus satisfait de l’esprit public qui commen-çait à se relever. Déjà les Italiens sentaientqu’ils valaient un soldat allemand : j’avaisretrempé leurs mœurs, en les appelant àpartager la gloire de nos destinées.

Révolution de Gênes .

Je profitai de mon séjour à Milan pourdiriger la révolution démocratique qui ren-versa l’oligarchie génoise, et mit les nova-teurs liguriens dans notre dépendance com-plète, ainsi que celle de la Valteline, quiajoutait cette province importante à la répu-blique cisalpine , dont l’existence fut solen-nellement proclamée le 9 juillet.

Les rapports constants de Gênes avec laFrance depuis trois siècles en avaient faiten quelque sorte un port français . Nous yavions, plus que dans toute autre ville, unefoule de partisans. Les oligarques seuls,redoutant la démocratie, penchaient pournos ennemis. Le Directoire , jaloux de ren-verser les barrières aristocratiques dans tousles petits états qui l’entouraient, ne pouvaitoublier Gênes , le plus voisin et le plus pré-cieux de tous. Dès le mois de juillet 1796 , ilm’avait prescrit de demander satisfaction dequelques griefs qu’il prétendait avoir con-tre le sénat ; mais, trop occupé alors avecWurmser, je dus me contenter de satisfac-