Band 
Tome premier.
Seite
90
JPEG-Download
 

NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

ÜO

ce qu’en apparence, quelques-uns de sestrophées, il fut convenu que le port deTrinquemale serait déclaré neutre, ayantalternativement, d’année en année, garni-son anglaise ou hollandaise. La garnisonanglaise y était, et on savait bien qu’ellen’en sortirait pas.

Il est bon d’observer, comme un fait devenuassez piquant par l’événement, que dans ladiscussion Malmesbury , insistant pour gar-der le cap de Bonne-Espérance , avait offertSte-Hélène en échange ; ce que Maret re-fusa. Il correspondait avec moi par l’inter-médiaire de Clarke, et nous eussions amenéla paix générale tant souhaitée, sans les tra-casseries de Rewbel, chef avoué du partiqui voulait la guerre.

Affaires de l’intérieur. 18 fructidor.

Je n’étais pas moins contrarié des diffi-cultés sans cesse renaissantes que j’éprouvaisde la part du ministère de Rewbel, que del’influence manifeste que les séances desconseils exerçaient sur les résolutions ducabinet de Tienne. Prévoyant donc la possi-bilité d’une nouvelle rupture, je pressai laratification du traité conclu depuis six moisavec le roi de Sardaigne , et que le Directoirerefusait contre tout bon sens. Je ne fus pasplus heureux; et, dans mon mécontente-ment, je me plaignis vivement aux amis queje croyais avoir au sein du Directoire . Onme présenta le parti républicain commeprêt à succomber sous les coups mêmes desautorités constituées, qu’un esprit de vertigetransformait en aveugles instruments desréactionnaires, et qui étaient divisées sousdeux bannières bien marquées. Chacun despartis cherchait à se rattacher un généralmarquant. Les royalistes avaient gagnéPichegru , et manœuvraient pour s’attacherMoreau. Un autre parti désirait Hoche. Magloire effarouchait déjà plusieurs membres

du Directoire, bien aises d’élever un de mesrivaux, pour balancer la force d’opinion quej’avais déjà acquise. Je me décidai à favori-ser les républicains par des adresses de monarmée, et en envoyant le général Augereauau Directoire pour commander ses troupesà Paris . Il était naturel que je protégeassele parti auquel j’appartenais. Ceux qui pas-saient pour mes amis me certifiaient l’exis-tence du complot, et comme ils étaientmieux que moi à portée d’en saisir le fd, jedus m’en rapporter à eux. D’ailleurs le por-tefeuille du comte d’Antragues, ministre deLouis xviii, saisi à Venise , me prouvait assezles relations des émigrés avec les conseils,pour que je dusse ajouter foi aux rapportsde Barras et de ses collègues. Plus j’entraisdans les affaires, plus je demeurais con-vaincu qu’il fallait terminer la révolution enla régularisant, parce qu’elle était le fruitdu siècle, et qu’à cette époque, du moins,elle ne pouvait rétrograder sans verser desflots de sang et humilier la France . Je con-courus donc de tout mon pouvoir au is fruc-tidor. Cette journée, attentatoire à la sûretédu corps législatif, détruisait la frêle con-stitution de l’an ni, digne rêve de quelquesutopiens, qui, à force de vouloir balancerles pouvoirs, avaient introduit dans l’étatun tiraillement perpétuel qui en arrêtait lamarche. Le Directoire et les conseils furentmutilés par la condamnation à l’exil de Car-not, de Barthélemy et de 53 députés despartis les plus opposés. Si ce coup d’état neprofita qu’à une faction, et, sous le manteaudu bien public, servit une foule de haines per-sonnelles, on ne doit en attribuer la faute qu’àceux qui me trompèrent ; il 11e dépendit pasde moi de lui donner de meilleurs résultats.

Embarras dans les négociations.

Le Directoire renouvelé ne s’en montrapas beaucoup plus habile ni plus pacifique,