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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
offrirait une ligne d’opérations entièrementindépendante. On pourrait dès lors choisirsur chacune des ailes le point stratégique leplus convenable à ses opérations, sans s’in-quiéter de ce qui se passerait aux accessoi-res. Par exemple, la gauche, appelée à cou-vrir le Rhin , s’attacherait particulièrementà l’espace entre Strasbourg et Mayence ,sans craindre que l’ennemi se portât sur sesextrémités, le long de la mer ou de la ligneneutre. On peut en dire autant de la droitechargée de protéger la Lombardie ; cartoute sa défense se concentrerait sur l’excel-lente ligne du Mincio ou de l’Adige .
En comprenant, au contraire, le terri-toire suisse dans le front d’opérations, dèslors tout se trouve lié depuis l’Adriatique jusqu’aux bouches de l’Yssel ; et, dans cetteétendue de 300 lieues . on s’attachera à toutcouvrir, parce que l’ennemi pourra tout at-taquer. La ligne de l’Adige , comme celle deStrasbourg à Mayence, n’y seront plus quedes fractions secondaires, dont la défenseet l’attaque seraient subordonnées à ce quise passerait à quelques lieues plus loin. LaSuisse elle-même, flanquée par la Souabe etl’Italie , devra être gardée partout si le sortdes combats attire les deux partis sur sesfrontières. Celui qui l’occuperait, réduit às’y défendre, serait obligé de couvrir Bâle comme Schaffouse, Rheineck comme leSt-Gothard , et le Simplon aussi bien que leMont-Cénis, sans être dispensé pour celad’avoir des forces imposantes sur le Rhin etsur le Pô. Ainsi, la puissance qui se trou-verait réduite à la défensive, ayant ses ar-mées morcelées en vingt corps, donneraitprise partout à un ennemi actif et entrepre-nant, qui, par la rapidité de ses mouve-ments , saurait multiplier ses forces assail-lantes.
En effet, la campagne suivante ne man-qua pas de prouver que, si les saillants de
Schaffouse et du Simplon offrent quelquesavantages stratégiques pour un simple pas-sage, c’était une faute inouïe pour la France ,aussi bien que pour l’Autriche , de compren-dre la Suisse comme champ d’opérationsdans un plan de campagne. Si cette véritén’était pas démontrée par les événementsde 179.9, on en trouverait une preuve dansma conduite en isos et iso 9 . Je respectai ceterritoire que mon titre de médiateur etma toute-puissance m’eussent permis defouler impunément, mais que mon propreintérêt me commandait de laisser intact.Quelque appréciateur que je fusse de deuxou trois débouchés, je sus les subordonneraux calculs de la politique, et prouvai qu’ontrouve toujours une route pour manœuvrersur les communications de l’ennemi, sansfouler aux pieds les liens nationaux, et sansbouleverser les rapports des différents étatseuropéens. Mais quittons les vallées helvé-tiques, étrangères pour l’instant au sujetque nous avons à traiter, et revenons auxopérations du Directoire , ainsi qu'à l’expé-dition d’Égypte qui occupait toutes mespensées.
Révolution de Rome . Berlhler y entre.
Peu de jours avant la chute de Berne ,Rome était tombée sous les coups de Ber-thier. Mon frère Joseph avait été nomméambassadeur près du saint-siège. Il n’ignoraitpas les éléments qu’il y avait à Rome pourl’application des doctrines du Directoire .Toute l’Italie avait la même fièvre: c’était àqui planterait le premier l’arbre delà liberté.Naples était aussi en fermentation, et lesprisons n’y suffisaient pas pour contenir lessuspects. Rome ne pouvait, dans un tel étatdes esprits, perdre entièrement la mémoirede ses grands souvenirs : tout ce qui con-naissait l’alphabet, dans cette patrie des Ci-céron , des Émile, des Brutus, repoussait le