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NAPOLEON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
n’y plus rentrer. Berthier lui donna une es-corte. Il se rendit à la chartreuse de Pise,où il resta jusqu’au ao avril 1799, qu’il futtransféré en France .
La conquête de Rome devint un événe-ment funeste par les fautes ultérieuresqu’elle entraîna, et l’extension démesuréequ’elle donna à notre ligne d’opération. IIeût fallu constituer Rome, n’y laisser qu’unfaible corps, et rappeler l’armée sur l’A-dige.
Cette riche cité fut exploitée par quel-ques chefs militaires peu délicats, et sur-tout par une nuée d'agents déprédateursqui fondirent sur les trésors de St-Pierrecomme une nuée de vampires. L’armée étaitmal nourrie et mal payée, tandis que d’in-dignes traitants nageaient dans l’or : elles’insurgea comme les flottes anglaises l’a-vaient fait un an auparavant ; et si la révoltemilitaire est susceptible d’excuse, c’est cer-tainement dans une circonstance pareille.Masséna même, qui avait succédé à Ber-thier, fut forcé de quitter l’armée, qu’il neparvint pas à faire rentrer dans le devoir,et qui l’accusait (injustement peut-être) detolérer le scandale dont elle se plaignait,et même d’y participer.
Deux événements comme l’invasion deRome et de la Suisse étaient plus qu’il n’enfallait pour déchirer le traité de Campo-Formio : tout homme prévoyant devait biens’attendre qu’il ne serait qu’une trêve.
Je me rends de Rastadt à Paris .
Pendant que tous ces événements prépa-raient un nouvel orage, je m’étais rendu àParis où m’appelaient mon nouveau titrede général en chef de l’armée d’Angleterre,et plus encore le projet d’une expéditionen Égypte . Je ne pouvais mieux solenniserma rentrée dans la capitale qu’en y appor-tant la ratification de la paix. Aussi fus-je
accueilli avec des transports qui tenaientdu délire. Tous les cœurs s’ouvraient à l’es-pérance ; les plaies de la patrie allaient secicatriser; sa gloire, élevée jusqu’aux nues,devait rétablir ses relations politiques surles deux continents, et forcer tôt ou tardl’Angleterre à une paix qui consolideraitnos travaux ; l’industrie, les arts , le com-merce prendraient alors l’essor que la ré-volution semblait faite pour leur imprimer :tout, en un mot, promettait un avenir ri-che de tous les genres de prospérités.
Le Directoire , en me recevant le 10 dé-cembre au Luxembourg , dans une audiencesolennelle, me proclamait l’homme de laprovidence, nn de ces prodiges dont lanature avare ne gratifie le genre hu-main que de loin en loin. La France nemanquait pas d’échos pour répéter les élo-ges pompeux de son président. Je fus forcéde me réfugier sous l’habit modeste demembre de l’institut pour me dérober auxacclamations importunes d’un peuple tou-jours enthousiaste dans ses mouvementsd’admiration, et toujours prêt à en chan-ger l’objet.
Les autorités cherchèrent à l’envi à metémoigner la reconnaissance nationale. Uncomité du conseil des anciens rédigea l’actepour me donner la terre de Chambord etun grand hôtel dans la capitale ; le Direc-toire , on ne sait pourquoi, s’alarma decette proposition : ses affidés l’écartèrent.
Pendant les deux ans que je venais decommander en Italie , j’avais rempli lemonde de l’éclat de mes victoires ; la coali-tion en avait été divisée. L’empereur et lesprinces de l’empire avaient reconnu la ré-publique ; l’Italie tout entière était soumiseà ses lois ou à son influence. Deux nouvellesrépubliques y avaient été créées dans lesystème français . L’Angleterre seule restaitarmée, mais elle avait manifesté le désir de