CHAP. y. CAMPAGNE DE 1799.
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beaucoup plus concentrés. Cette lutte iné-gale ne fut pas au reste sans gloire pour lesgénéraux et les soldats de la république ; etl’on ne sait ce qui doit le plus étonner, oude la témérité du gouvernement français ,ou de l’inconcevable timidité du conseilaulique, qui tira si peu de parti de ses pre-miers avantages.
Attentat commis sur nos plénipotentiaires à Rastadt .
La stupeur que causa un événement sipeu attendu fut bientôt dissipée par le dé-nouement tragique de l’interminable con-grès de Rastadt. En entrant en Souabe ,Jourdan avait déclaré Rastadt ville neutre,et donné une sauve-garde au congrès. Cettesituation favorisait les desseins de la France ,qui voulait détadher les princes de l’empirede l’alliance de l’Autriche : déjà la tournuredes négociations promettait au Directoireun plein succès, quand la bataille de Stoc-kach et la retraite de l’armée du Danubefirent tout à eoup peneher la balance diplo-matique du côté du vainqueur. Dès lorsaussi le cabinet de Vienne prétendit réglerle sort du midi de l'Allemagne . Désirantconnaître jusqu’à quel point lès princes del’empire s’étaient avancés vis-à-vis du Direc-toire , il chargea le comte de Lehrbaeh,son ministre plénipotentiaire, d’aviser auxmoyens de se procurer leur correspondanceavec les négociateurs républicains. Celui-cin’en trouva pas de plus sûr que de faire en-lever le caisson de la légation française aumoment de la rupture du congrès, et futautorisé par sa cour à requérir du princeCharles les troupes nécessaires à ce coupde main. L’archiduc les refusa d’abord, ob-jectant que ses soldats ne devaient pas semêler d’affaires diplomatiques; mais lecomte de Lehrbaeh, ayant exhibé de nou-veaux ordres, l’archiduc fut obligé de met-tre à sa disposition un détachement des
liousards de Szeckler. Le colonel de ce corpsfut mis dans la confidence. L’officier chargéde l’expédition devait seulement enlever lecaisson de la chancellerie, en extraire lespapiers, et, par occasion, administrer quel-ques coups de plat de sabre à Jean Debry et Bonnier, en punition de la hauteur qu’ilsavaient mise dans leurs relations diploma-tiques. Roberjeot, ancien condisciple duministre autrichien et lié d’amitié avec lui,avait été nominativement excepté de cettemesure.
Les plénipotentiaires français devaientpartir le 28 avril ; mais, dans la soirée du 19,ils furent sommés de se retirer sur-le-champ, la ville devant être occupée militai-rement le lendemain. Ils se mirent donc enroute la même nuit pour Strasbourg . Apeine étaient-ils sortis de Rastadt , que leshousards, à l’affût de leur proie, envelop-pèrent les voitures ; mais oubliant leur con-signe, ces soldats, ivres pour la plupart,frappèrent les envoyés, sans distinction depersonnes, du tranchant de leurs sabres, etlaissèrent sur la place Bonnier et Rober-jeot. Jean Debry , blessé au bras et à la tête,se sauva, comme par miracle, et fut, aupoint du jour, chercher un asile chez le mi-nistre de Prusse.
Cette violation inouïe des droits les plussacrés produisit en France l’effet d’unecommotion électrique. De toutes parts re-tentirent des cris de vengeance, et l’espritnational prit un instant l’énergique physio-nomie de 1792. Le Directoire en profita pourfaciliter la levée de la conscription, et ren-dre, pour un moment du moins, sa causeplus populaire.
Entreprise tardive de l’archiduc.
Dans ces entrefaites, l’archiduc Charlesn’avait point profité de ses succès : s’il eûtpassé le Rhin à Schaffouse avec 60 mille