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Tome premier.
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CHAP. IX. CAMPAGNE 1)E 1806.

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Rhin sous la présidence du baron d’Alberg,archi-chancelier, qui prendrait le titre dePrince primat : les statuts me déféraientcelui de Protecteur.

A part ces deux dernières clauses et toutce qui pouvait m’être personnel dans cetteimportante transaction., elle s’accordait par-faitement avec la nouvelle situation de l’Eu-rope et avec l’intérêt spécial de l’Allema-gne . Pour s’en convaincre, il suffit de jeterun regard sur le rôle qu’elle jouait en Eu-rope depuis deux siècles ; si sa force inté-rieure était nulle, c'était encore pire dansses rapports extérieurs. Ballottée entrela prééminence de l’Autriche , l’intérêt op-posé de la Prusse, l’influence de la France et celle de la Russie , les relations que leHanovre lui donnait avec l’Angleterre, etla Poméranie avec la Suède; l’Allemagne ,de même que l’Italie , n’était plus qu’une fi-gure géographique, bonne à l’enseignementdes collèges : çe n’était ni une puissance niune nation; sort inévitable de tous les étatsfédératifs et électifs, quand ils sont entourésde voisins assez forts et assez adroits pourles dominer.

Cet état de choses, qui tendait à diviserpour régner, convenait au xvi e siècle à laFrance, alors plus faible que l’Autriche ;mais depuis la destruction de la Pologne ilconvenait à la France victorieuse de re-constituer fortement une Allemagne indé-pendante du cabinet de Vienne et de laRussie .

Donner un centre commun à 16 millionsd’Allemands, tel était notre intérêt et le leur;car ne pouvant se maintenir qu’à l’aide denotre puissance, ils seraient dans nos rangspour longtemps. D’un autre côté, ils seformeraiént en un seul corps de nation,ayant ses alliances et ses intérêts particu-liers indépendants de la maison d’Autriche ;ils formeraient en un mot une Allemagne .

Le projet était excellent ; il pécha parl’exécution. Je devais donner à celte fédé-ration un chef allemand , pris dans les mai-sons les plus puissantes, et me contenterde la lier par des traités offensifs et défen-sifs, sans prendre un titre qui blessait l’or-gueil germanique et n’ajoutait rien à monpouvoir.

Telle qu’elle fut établie, la confédérationne convenait qu’à mon empire ; j’aurais dûla rendre utile à la fois à la France, à l’Al-lemagne et au reste de l’Europe .

Ce traité est envoyé à Vienne .

Ce traité fut envoyé à Vienne pour obte-nir la sanction de l’Autriche . Je l’envoyaiaussi à Berthier et au ministre Otto à Mu-nich , pour qu’ils en échangeassent la ra-tification , ou qu’au refus de l’Autriche mon armée se reportât à l’instant surl’Inn.

L’empereur François abdique la couronne germanique,

et se proclame empereur héréditaire d’Autriche .

Le cabinet de Vienne , l’ayant reçu enmême temps que la nouvelle du traité signépar d’Oubril, ne crut pas devoir risquer uneguerre sans armée et sans alliés, pour dé-fendre le titre, assez vain depuis un siècle,de chef électif du vieux empire des Othons.Il lui parut préférable d’abdiquer une cou-ronne qui lui avait causé plus d’une guerreruineuse sans lui promettre d’avantages équi-valents, et de renoncer à un titre pompeuxmais viager, pour se contenter du titre d’em-pereur héréditaire d’Autriche, de Hongrie et de Bohême.

François n abdiqua donc, par sa déclara-tion du 6 août, la couronne germaniquequ’il avait reçue en 1792 ,et commença, sousle nom de François i cr , la série des empe-reurs d’Autriche .

Cette détermination surpassa, je l’avoue,