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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

tué un ordre qui honorait les administra-teurs, parce qu’il avait reçu des soldats unbrevet d’honneur ; je le rendis commun àtous ceux qui servaient l’état, parce que lapremière des vertus est le dévouement à lapatrie.

Ceux qui n’ont pas compris mes motifsm’en ont fait un reproche. Us disaient qued’illustres guerriers, vainqueurs dans centbatailles, ne devaient pas être récompensésdu même cordon dont on décorait l’admini-strateur qui, au sein du repos et de la mol-lesse, faisait sa fortune, alors même qu’ilpercevait les deniers de l’état avec probité.Loin de contester la nécessité d’établir unordre purement militaire, je voulus Te faireplus tard, en instituant les Trois-Toisons.Mais la légion d’honneur avait un doublebut, et je ne l’aurais point atteint en la ré-servant à mes soldats. Elle unissait par lesintérêts toutes les classes de la nation, parcequ’aucune n’était ni subordonnée ni exclue.Il se formait autour de moi un corps inter-médiaire, une sorte de notabilité fourniepar l’élite de la nation , et qui serait atta-chée au système impérial par sa vocation,par ses intérêts et par ses opinions : lacroix de la légion fut en un mot ce qu’étaità Rome l’anneau de chevalier. Ce corpsnombreux, quoique revêtu du pouvoir civilet militaire, était avoué par le peuple, parcequ’il était tiré de ses rangs. Il avait con-fiance en lui, parce que leurs intérêts étaientconfondus.

L’empire s’asseyait sur une organisationforte. L’armée s’était formée à l’école de laguerre : elle y avait appris à se battre et àsouffrir.

Les fonctionnaires civils s’accoutumaientà faire exécuter strictement les lois, parceque je ne voulais ni d’arbitraire, ni d’inter-prétations. Us se formaient par là à l’exac-titude et à la rapidité. J’avais répandu par-

tout une impression uniforme, parce qu’onne donnait qu’un seul mot^d’ordre dansl’empire. Ainsi tout se mouvait dans cettemachine; mais le mouvement ne s’opéraitque dans les cadres que j’avais préparés.J’eus un moment la grande pensée de ren-dre tous les emplois inamovibles, à moinsde prévarication et de jugement formel. J’yvoyais un grand avantage moral et un gagede stabilité. L’homme qui occupe un emploipour la vie, songe à deux fois avant des’exposer à le perdre. L’état y gagnerait desserviteurs plus fidèles, et les employés y ga-gneraient d’être à l’abri des destitutions ar-bitraires; l’intrigue et la faveur auraientmoins de prise.

Dilapidations arrêtées.

J’ai arrêté les dilapidations publiques, encentralisant sur un seul point touta la ma-chine fiscale. Rien n’a été laissé de vaguedans cette partie, parce qu’en fait de mon-naie tout doit se retrouver. Je n’ai surtoutrien laissé de disponible à ces demi-res-ponsabilités provinciales, parce que l’expé-rience m’avait prouvé que cet abandon nesert qu’à enrichir quelques petits malversa-teurs aux dépens du trésor, du peuple etde la chose publique.

Crédit rétabli.

J’ai rendu le crédit à l’état, en ne faisantpas usage de crédit et en fondant un amor-tissement certain.

A l’abus des emprunts qui avait paralyséla France , a succédé le système des impôtsqui l’a corroborée. Toutefois il m’eût étépossible de donner une base plus large ànotre crédit de bourse. La crainte de l 'abusm’éloigna de Yi/sage des emprunts, res-source précieuse qu’il faut savoir ménager.Je proscrivis l’agiotage en refusant toute ac-tion du trésor sur les fonds ' "es. Dix fois