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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
eheux avenir pour ses intérêts. Il faudraitêtre ignorant ou aveugle pour nier que lecabinet de St-Pétersbourg n’eut de grandsavantages à l’indépendance de ces courtiersdu Nord, qui ont tant de relations avec sesports, surtout si le commerce des neutresvenait jamais à être respecté. D’ailleurs rienne forçait la Russie à une paix qu’elle esti-mait défavorable, puisque la guerre ne pou-vait l’atteindre.
D’Oubril déclara, dit-on, qu’il s’était dé-cidé à la signer pour sauver l’Autriche dudanger qui la menaçait. J’avais en effet or-donné le 16 juillet à Berthier de reportermon armée sur l’Inn, si l’Autriche ne rati-fiait pas la confédération du Rhin . Il paraîtque cet ordre, tout secret qu’il dût être,vint à la connaissance du négociateur russe;mais ce qui n’est pas moins remarquable ,c’est que le traité qu’il signa, arrivant àVienne en même temps que l’acte de con-fédération , ne contribua pas peu à l’abdi-cation de l’empereur d’Allemague : il eutainsi pour moi tous les avantages d’unepaix réelle, effet sans doute bien opposé àcelui qu’on se proposait.
Au surplus, le motif allégué par d’Ou-bril pour se justifier était tout-à-fait neuf;c’était un singulier moyen de délivrer l’Au-triche d’un danger immédiat, que d’enchaî-ner la puissance russe pour un certaintemps et de lui ôter la faculté de marcherà son secours : l’avenir éclaircira ce mys-tère.
Mission de Sébastian! à Constantinople .
Avant la conclusion de ce traité, avantde connaître ce qu’on déciderait à Vienne et à Pétersbourg, relativement à la confé-dération du Rhin, et dans la crainte d’unenouvelle conflagration générale sur le con-tinent, j’avais senti l’avantage d’opposer àla Russie une puissante diversion sur le
Dniester . La chose ne paraissait pas très-facile; car on a vu que nos relations avec laPorte avaient failli être compromises à l’é-poque de mon couronnement, et que le ma-réchal Brune était revenu de Constantinople sans avoir pu me faire connaître ouverte-ment comme empereur. La corruption dudivan, le souvenir de l’expédition d’Egypte et l’influence anglaise lui avaient opposéquelques obstacles que le temps seul devaitlever.
Toutefois la campagne d’Austerlitz étaitbien faite pour relever notre crédit près dela Poi'te, et lui donner une haute idée de cequ’elle pourrait entreprendre avec notreappui. Selim ni aimait la France ; il fut plusenchanté de nos succès que bien des Fran-çais mêmes, et résolut de m’envoyer uneambassade pour me féliciter sur mon as-cension au trône.
Empressé de savoir le parti que je pour-rais tirer de ces événements, j’y envoyai legénéral Sébastiani , homme adroit, spirituel,entreprenant, dont les formes agréablesconvenaient parfaitement à un négociateur,et qui, en sa qualité de militaire , pouvaitêtre doublement utile dans cette mission, sila Turquie était un jour entraînée à laguerre. Je lui recommandai néanmoinsbeaucoup de prudence, en l’instruisant desnégociations entamées. Ses instructions,toutes pacifiques, lui prescrivaient cepen-dant d’user d’adresse pour obtenir le renvoides hospodars de Walachie et de Moldavie ,qui n’étaient que des agents de la Russie .Je ne considérais cette démarche que commeun premier pas pour l'établir notre influenceà Constantinople , et il n’en fallait pas davan-tage pour rallumer une guerre. Par le fait,je n’eus pas lieu de m’en repentir ; car Sé-bastiani remplit parfaitement ce point de samission, et le traité de d’Oubril ayant étérepoussé, il me procura la diversion désirée