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NAPOLÉON Ali TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.
ses, profitant de la supériorité de leurimmense artillerie , repoussèrent les ef-forts de mon lieutenant. Au reste, jen’attachais pas une grande importance ausuccès de ce combat : les coups décisifsdevaient être portés à gauche; Lannes,qui vit son point d’honneur engagé, en ju-gea autrement, et perdit beaucoup d’hom-mes sans utilité.
Le même jour, j’attaquai Golymin avecDavoust et Augereau, soutenus par la ca-valerie de Murat. Les Russes y firent bonnecontenance ; leur première ligne, prise enflanc par Augereau, nous céda sa position;néanmoins ils se maintinrent à Golymin jus-qu’à la nuit ; c’était plus fâcheux pour nousque la non réussite de l’attaque de Pultusk ,bien que la retraite de Buxhowden durantla nuit ne se fit pas en très-bon ordre, etqu’il nous abandonnât une partie de son ca-non dans les boues.
Cependant je ne désespérais pas encorede voir réaliser le plan que j’avais conçu. Jecomptais sur Soult, qui devait être rendudevant Makow , et se trouver établi sur lesderrières des corps russes qui avaient com-battu à Pultusk et à Golymin. Ney et Bes-sières le soutiendraient en gagnant Chica-now, et s’avançant en seconde ligne sur lamême direction. Je fus trompé dans monattente : il faisait un temps déplorable ; leschemins étaient entièrement défoncés; enun mot, tout le pays n’était qu’une vastefondrière où nous enfoncions jusqu’au col.Cette circonstance sauva l’armée russe enralentissant le mouvement de ma gauche.Soult ne put atteindre Makow, et les routessur Rozan demeurèrent ouvertes aux enne-mis : ils en profitèrent pour se retirer surOstrolenka .
On prétend que cette retraite s’exécutacontre l’avis de Benningsen : ce général,trop occupé de ce qui se passait sous ses
yeux, avait entièrement perdu de vue l’en-semble des opérations. Pour avoir repoussél’attaque d’un corps inférieur en nombre ausien, il croyait nous avoir vaincus, et de-mandait la permission de profiter de sa pré-tendue victoire en reprenant l'offensive. Cefut un malheur pour nous qu’on ne l’ail paslaissé faire : la paix de Tilsit aurait eu lieusix mois plus tôt.
De son côté, Ney, avant d’avoir reçu l’or-dre d’appuyer sur Chicanow, s’était lancésur Soldau à la poursuite de Lestocq, qu’ilchassa de cette ville. Le général prussien,s’apercevant qu’il n’avait affaire qu’à uneavant-garde, remarche sur elle à l’entrée dela nuit, et pénètre dans la ville; un combatterrible s’engage ; enfin la valeur du 69 e ré-giment l’emporte sur les efforts de l’en-nemi, qui est repoussé avec perte d’unmillier d’hommes. Dans cette échauffourée,les Prussiens montrèrent un courage au-quel nous n’étions plus accoutumés, et mesÉgyptiens s’immortalisèrent.
.le me dispose à prendre des quartiers d’hiver.
Les Russes nous ayant échappé, je n’a-vais nulle envie de courir après eux, pourrecommencer une nouvelle campagne, àune époque de l’année aussi défavorableaux grandes opérations. Les boues ren-daient les transports impossibles ; mes ba-taillons se fondaient, et 10 mille blesséspour des affaires secondaires me donnaientà penser sur les suites de mon entreprise.J’avais imaginé que le souvenir d’Austerlitzaurait ébranlé le moral de mes adversaires;leur fermeté m’étonna, et ils déployèrentune telle quantité de canons, que je sentisla nécessité de rétablir la balance en aug-mentant mon artillerie. Il importait donc,sous tous les rapports, de donner du reposà mes troupes qui en avaient besoin. Je lesfis cantonner entre l’Omulef, la Narew , et