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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CESAR, ETC.

mou de tous les états intéressés à renverserson despotisme maritime.

Le traité de Tilsit n’avait pas absolumentprévu toutes les combinaisons qui pouvaientnous conduire à ce résultat; néanmoins ilavait fait faire un grand pas. Puisque lesAnglais ne reconnaissaient plus de neutres,il ne devait plus y en avoir ; il fallait quechacun se décidât à être du parti de l’An-gleterre ou contre l’Angleterre : de là l’en-gagement pris entre nous dans le cas oùcette puissance repousserait la médiationde la Russie , d'obliger toutes les nationsmaritimes à agir de concert avec nous.

L’Espagne était en guerre avec eux; laTurquie venait de la déclarer : l’Italie sui-vait mes lois, à l’exception de la cour deRome, qui se roidissait encore. La Prusse venait de rompre avec eux. Il n’y avait doncque le Portugal, la Suède et le pape à met-tre à la raison pour leur interdire tout ac-cès en Europe ; car nous espérions bien quele Danemarck s’y prêterait avec empresse-ment. L’Autriche , à la vérité, offrait plusde difficultés; mais elle ne communiquaitavec la mer que par le seul port de Trieste .Je pouvais de Venise compter les bâtimentsqui y relâchaient; et les sept îles me ren-daient maître de l’Adriatique. L’Autriche d’ailleurs ne s’exposerait pas à une guerreavec la Russie et la Fi ance pour des rela-tions qui la touchaient moins qu’aucune au-tre puissance du continent; elle n’a ni colo-nies à regretter, ni exportations maritimesà ménager. Je pouvais lui offrir quelquesprovinces à sa convenance pour la dédom-mager de ses pertes. Si je donnais suite auprojet de partage de l’empire ottoman , la

[ 1 ] 60 vaisseaux français .

— espagnols.

25 — russes .

*5 — suédois .

A reporter i4o

Servie et la Bosnie seraient le prix de sacondescendance. Je résolus de la faire en-trer dans notre système.

Point de vue maritime.

Dans le cas où l’Angleterre refuserait lamédiation russe pour la paix, il fallait doncnon seulement lui fermer tout accès sur lecontinent, mais encore tourner contre elletoutes les ressources des puissances mari-times. L’Europe avait encore iso vaisseauxde ligne à leur opposer [ij. En peu d’annéeselle pouvait en avoir jusqu’à 250 . A l’aide deces moyens et de notre immense flottile, iln’était point impossible de conduire une ar-mée européenne à Londres . Cent vaisseauxemployés dans les deux hémisphères y attire-raient une grande partie des forces britanni-ques , tandis que so des meilleurs bâtiments,réunis dans la Manche, assureraient le pas-sage de notre flottille et vengeraient le droitdes nations outragé.

Tel était au fond mon projet que lespublicistes stipendiés de l’Angleterre onttaxé de folie, et dont la réussite n’a peut-être tenu qu’aux fautes commises dansson exécution pour ce qui concernait l’Es-pagne .

Comment, en effet, juger un projet quin’a jamais été réalisé, puisque, adopté à lafin de 1807 , il échoua dès Tannée suivantepar les malheurs qui ouvrirent aux Anglais toute la péninsule et le continent américain ?Sans la guerre d’Espagne , le continent en-tier, ainsi que les colonies espagnoles eus-sent été interdits au commerce anglais ; lesressources navales de toutes les puissanceseussent été dirigées contre eux : j’aurais pu

Report 140 vaisseaux.

i5 — hollandais .

15 — danois .

io — portugais ,

iso vaisseaux de ligne.