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Tome premier.
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CHAP. XII. ANNÉES 1807 ET 1808.

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que l’Espagnol abhorre le frein de la dis-cipline militaire ; mais chacun s’indigne,s’exalte, et jure de défendre ses foyers jus-qu’à la mort.

Telle fut cette nation, que trois siècles denullité politique et d’apathie avaient commeabâtardie sous le joug des moines, et quemes agents comparaient aux Napolitains. Aquelle cause attribuer l’enthousiasme dupeuple espagnol ? fut-ce le patriotisme, oubien le délire d’un orgueil offensé ? Où sontles héros sortis de cette guerre ? A l’excep-tion de Palafox et d’Alvarez, qui mérita cetitre ? Loin de moi la pensée d’affaiblir cequi est beau et généreux ; mais je chercheles causes d’un événement extraordinaire,et j’avoue qu’elles m’échappent. Le réveilsubit d’une nation entière, plongée depuislongtemps dans la torpeur, tient toujours àune foule d’incidents qui échappent à l’ob-servateur le plus profond. Il faudra la plumed’un Tacite pour tracer le tableau de cetterévolution ; mais qu’il ne se fasse pas attendretrop longtemps; car, avec les siècles, lesobjets se décolorent et prennent toutes lesteintes qu’un écrivain habile sait leur im-primer.

Je me laisse entraîner ; revenons à notresujet.

De toutes parts les levées se multiplient ;les troupes de ligne sont complétées ; lesmilices provinciales mises sur pied ; bientôtl’Espagne aura une armée de 120 à iso millehommes, soutenue par toute la populationen effervescence.

De tels événements devaient bientôt rom-pre les communications et l’ensemble de mescorps d’armée, parce qu’ils étaient disperséssur une surface immense, et que leur forcetotale n’excédait pas 70 mille hommes.

Moncey est repoussé de Valence .

Moncey se dirigeait avec 6 mille hommes

sur Valence , où il se flattait d’être soutenuau besoin par la division Chabran qu’il ap-pellerait de Tortose ; mais Caro lui en dis-pute l’approche avec un corps de troupes deligne et de paysans. Après quelques succès,Moncey vient briser ses efforts impuissantscontre les murs de cette capitale. Manquantde grosse artillerie, privé de toute commu-nication avec Chabran, réduit à 5 millehommes enfin, il prend avec raison le partide regagner Madrid par une route différentede celle qu’il avait suivie.

Le centre et le nord de l’Espagne , occupéspar le corps d’armée de Bessièrcs, sont enproie à l’insurrection comme les extrémitésdu royaume, et ici elle est plus dangereuse,puisqu’elle menace la ligne de l’Ebre et noscommunications. St-Ander, excité par sonévêque, Logrogno , par un tailleur de pier-res, sont le théâtre de révoltes partielles,avant-coureurs d’un mouvement général ;les insurgés du nord viennent s’établir jus-qu’à Reynosa. Valladolid éclate à son tour.Le capitaine-général Cuesta, entraîné par lemouvement universel, se met à la tête de2 mille soldats et de 5 à 6 mille insurgés. LaGalice , qui n’a pas encore été occupée parnous, est entière à la discrétion des autori-tés qui s’y établissent. Ici, comme ailleurs,toute la population mâle de 17 à 40 ans estrequise de prendre les armes.

Cependant Bessièrcs, établi à Burgos , aporté Verdier sur Logrogno : Lasalle vabrûler Torqueinada. Merle se mettait enmarche sur St-Ander, quand le mouvementde Valladolid obligea Bessières de l’arrêter :le maréchal courut au plus pressé, et mar-cha contre Cuesta posté militairement àCabezon, dont il le délogea après un légercombat. Nos troupes entrent le 12 juin àValladolid ; Lasalle poursuit et sabre lesinsurgés. Cuesta retiré à Benavente , Bessiè-res revient à Burgos , après avoir fait éva-

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