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Tome premier.
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NAPOLÉON AU TRIBUNAL DE CÉSAR, ETC.

de l’armée s’était opéré; une autre partie,sous le marquis d’Alorna, fut prise à masolde et envoyée en France , à titre de con-tingent allié.

Ces mesures empiraient l’état des choses,et la cessation de tout commerce extérieurachevait de désespérer les Portugais . LesEspagnols , instruits de ce qui se passait chezeux, vinrent bientôt ajouter aux élémentsde tempête. Les divisions de Taranco et deSolano évacuèrent les provinces qui leurétaient échues en partage pour rentrer enEspagne , enlevant tout ce qu’elles purentde Français sur leur passage. Junot ne pou-vait plus considérer comme auxiliaires ceuxqui lui restaient, car leurs soldats en vinrentaux mains avec les nôtres. Il fallut frapperun coup de vigueur, et désarmer la divisionCaraffa qui avait été réunie à nos troupes.

Insurrection générale du Portugal .

Le départ des Espagnols fut le signald’une levée dans toutes les provinces qu’ilsquittaient ; mais on attendait pour éclaterouvertement les secours promis par l’An-gleterre : dès qu’ils paraîtraient, le torrentcomprimé ne devait jaillir que plus furieux.

Opporto n’avait pas attendu ce momentpour lever l’étendard de l’indépendance.Une junte ou régence, établie sous la prési-dence de l’évêque, s’était empressée d’en-voyer à Londres demander un secours, àl’aide duquel elle se flattait de délivrer leroyaume. Les régiments licenciés avaientété réorganisés et les milices appelées auxarmes. Junot, espérant en imposer, détachele général Loison d’Almeida sur cette ville;mais la certitude qu’il acquiert de l’insuffi-sance de ses moyens décide ce général àrétrograder sur Almeida avant d’être en-touré. Il reçoit ici le nouvel ordre d’accourirà Lisbonne, et se met en marche par Guarda et Alcantara sur Abrantès .

En effet, Junot, justement inquiet desévénements qui le menaçaient de toutesparts, songeait à se mettre en mesure. Ledébarquement d’une division anglaise prèsde Faro , à l’extrémité des Algarves, venaitd’occasionner un soulèvement universel.Partout les faibles détachements épars dansle royaume sont assaillis; cependant, à l’ex-ception d’un bataillon enlevé àFaro, tous parviennent, par leur bonne contenance, às’ouvrir un passage. Maransin ramène, parun prodige, un millier d’hommes du fonddes Algarves, et saccage Beja , où les insurgéss’opposent à sa marche. A Lisbonne même,on en vient aux mains : toutes les rivesdu Mondego son t en armes ; les montagnardsdescendent jusque vers Abrantès et Santa-rem ; une division espagnole, débouchantdelà Guadiana , menaceKellermannàElvas,fomente l’insurrection jusqu’à Evora etEstremoz , et force à rappeler ce généralsur le Tage .

Dans ces circonstances critiques, Junotse décide à rassembler tous ses moyens, àtenir Lisbonne autant que possible, puis às’ouvrir un passage par Elvas pour rejoindreMurat à Madrid ou Valladolid. Loison, deretour à Lisbonne , est détaché sur Leyriacontre les insurgés de Coïmbre ; mais Kel-lermann les ayant déjà attaqués avec succès,la présence de Loison est jugée plus néces-saire à Evora , où l’appui d’une division espa-gnole a causé un soulèvement menaçant. Ily marche à la tête de 4 mille hommes. Lesennemis, fiers de leur nombre, osent seprésenter à sa rencontre devant la ville ; illes aborde impétueusement et les culbuteavec une grande perte; ils se retirent dansses murs. Loison les somme sans succès, etse prépare à l’assaut. Au milieu du tumulte,les Espagnols, établis près de la porte d’El-vas, parviennent à s’échapper, non sanséprouver une perte sensible. L’attaque con-