un Mur. mitoyen. 271
}. La Coutume défend aux Voisins, qui ont unmur mitoyen & commun entr’eux , de faire porterleurs poutres, solives d'enchevêcrure, corbeaux,sablières ôc autres pièces de bois ou fer , plus avantque la moitié de son épaisieur dudit mur j ensorteque si celui qui veut se loger & âdosièr contre lemur mitoyen , ne le fait percer que jufqu'à la moi-tié de son épaisseur , quoiqu’il soit obligé de lefaire dénoncer à son Voisin auparavant que de rienfaire , il n’est pas tenu en ce cas de faire mettreaucun étai ni faite aucun rétablilsement par le côté
appartenante à foi par moitié, n’étant pas possible de pou.voir adosser un bâtiment contre un mur mitoyen , sans scelle-ments de bois & fers , & fans y liaisonner les murs de refends& de face ; ce qui ne peut causer un grand préjudice aaVoisin. Mais s'il faut entendre que cet Article permet auxPropriétaires de démolir en entier le mur commun & mitoyen,quand ils veulent bâtir, en observant ks conditions prescritespar cet Atticle, cette disposition feroit très-dure ; Sc étancprise en ce sens , il feroit permis à un Propriétaire riche dcfaire un tort considérable à son Voisin, quand bon lui fem-bleroit , il n’auroit besoin pour cela que de bâtir & de vouloirdémolir le mur mitoyen ; il pourroit arriver que ce Voisinfut d’un commerce à ne point souffrir d’interruption fans unpréjudice notable, & que ce commerce même fut incompati-ble avec le bâtiment, ce qui pourroit obliger ce Voisin âchanger de demeure pendant la reconstructson de ce murmitoyen ; ce qui pourroit être capable quelquefois de ruinerce Voisin,
Je pense qu’on ne peut démolir un mur mitoyen en entierque lorfqu’i! y a nécessité ; qu’un Propriétaire qui veut bâtirne peut démolir un mur mitoyen, que lorsque ce mur mi-toyen n’est pas en état de supporter l’Edifice qu’il y veutadosser ; qu’il faut que cette nécessité soit consentie par leVoisin ou constatée par Experts ; & que si le mur mitoyenécoit constaté bon pour l’un & l'autre des Propriétaires, celuiqui bâtiroit ne pourroit démolir ce mur, quelque dédomma-gement qu’il offrît, parcequ’il pourroit arriver qu’il n’en pûtdonner de fuffisans pour référer les pertes qu’il causeroit àson Voisin pour raison de son Commerce,