Cil AP. XXII. CAMPAGNE DE 1 8 I 5 . 11
du trône? Quant au corps législatif muet donton avait fait tant de reproches à l’empereur, quin’avait osé élever la voix qu’au moment où unmillion d’ennemis allait envahir la France , c’est-à-dire au moment où il eût fallu se taire et serallier au chef de l’état, et qui avait ainsi forcéNapoléon à le dissoudre; il est certain qu’il eûtmieux favorisé le rétablissement de l’autoritéroyale que la tribune publique, toujours prêteà servir d’arène aux passions; mais il est dou-teux qu’il eût été bien accueilli de la France ^
D’ailleurs les institutions impériales flattaientsi peu les opinions du libéralisme, que les me-neurs doctrinaires du sénat, qui avaient renverséNapoléon, s’étaient empressés de faire aussi unecharte à leur guise, afin de l’imposer aux Bour-bons ; or, Louis XVIII , décidé à repoussercet acte illégal, devait à l’opinion dominanted’en promulguer une autre qui rassurât les in-térêts menacés.
Le roi n’avait donc que le choix entre deuxpartis; le premier était d’octroyer une chartecomme il le fit; le second était de gouvernerprovisoirement par dictature, en convoquant uneassemblée constituante pour travailler, de con-cert avec ses ministres, à la confection d’unpacte national qui, sanctionné par les notables dela France , deviendrait irrévocable, et offrirait
Partis qu’iavait àprendre.