JO VIE POLIT. ET MXLIT. DE NAPOLÉON.
royales, il est incontestable que c’eût été le parlile plus sûr; mais tout porte à croire que la choseétait impraticable; le roi n’avait donc qu’à déciderquelle machine gouvernementale il conviendraitde substituer à celle qui venait de s’écrouler sousles coups de l’Europe entière. Rétablir les par-lements ou les états de provinces eût été choseimpossible, comme on vient de le dire; cela eûtd’ailleurs froissé trop d’intérêts vivaces et tropd’opinions pour qu’il fût possible de le tenter.Substituer au glorieux et énergique empire deNapoléon le pouvoir absolu d’une camarilla d’é-migrés, était le rêve de quelques songe-creux :si on les avait écoutés, la restauration n’eût pasduré six mois.
Une femme, douée d’un esprit supérieur toutesles fois qu’elle ne parlait pas politique, a pré-tendu que les Bourbons auraient dû prendrel’empire comme ils l’avaient trouvé : « Le lit était«si bienfait, disait-elle, qu’il ne s’agissait que« de s’y coucher. » Cette phrase de madame de Staël , qui eut tant de succès dans les frivoles sa-lons de Paris , n’était qu’un non-sens. Commentle frère et successeur de Louis XVI aurait-il pureconnaître un sénat dont aucun peuple del’Europe n’eût voulu, après la conduite qu’ilavait tenue envers son fondateur, et qui deux foisen moins de dix ans s’était permis de disposer