CHAP. XXII. CAMPAGNE 1)E I 8 I 5. a3
supposer généralement. Si l’on s’imagine que lamultitude règne parce qu’elle nomme des délé-gués directs, comme on prétendit l’établir sous laconvention nationale, on fait une grave méprise,car jamais peuple ne fut moins souverain quesous ce déplorable régime. Si l’on crée desclasses de notables pour leur conférer le droit dechoisir des délégués, le peuple ne nommant plusses mandataires, n’est déjà plus souverain. D’ail-leurs, exista-t-il jamais un peuple vraiment ca-pable d’exercer la souveraineté, même la plusindirecte? Cela n’eut jamais lieu, même dans lespetits cantons de la Suisse .
Dans les monarchies constitutionnelles, la soutveraineté nationale exprime, selon tout homme-d’état raisonnable , la souveraineté des trois pou-voirs qui ont mandat de gouverner les affaires dupays ; un seul de ces pouvoirs n’est donc jamaisqu’une fraction de la souveraineté; or, la nationne déléguant qu’un des pouvoirs, n’est pas, àproprement parler, souveraine , car si elle l’était,le pouvoir de ses délégués dominerait à lui seulet annihilerait les deux autres.
On voit, par cet exposé, que la souveraineténationale n’a point encore été généralement biendéfinie, ni bien comprise. L’intervention d’unenation dans la gestion des affaires publiques ,n’est pas seulement un fait désirable comme on