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VIE POLIT. ET Mir.lT. DE .NAPOLÉON.
Fautedes partis.
le temps, lorsqu il a Vinitiative exclusive des loiset qu’il sait employer tour à tour la sagesse et lavigueur. Placer les royalistes modérés à côté desconstitutionnels et des hommes-d’état forméssous l’empire, repousser les exagérés de toutesclasses, dire hautement et franchement ce qu’onvoulait, telle était la seule marche à suivre;peut-être n’eût-elle pas suffi pour consolider unerestauration opérée à la suite d’une invasionétrangère et de l’humiliation militaire du pays;mais enfin, c’était le seul moyen de se maintenir;la vigueur fondée sur la justice est la meilleurefinesse des rois.
Louis XVIII voulut trop bien faire; il flatta troples deux factions, espérant s’attacher leurs chefs;il ménageait Carnot et Fouché, tout en proté-geant ceux qui les traitaient de brigands ; excitépar ses conseillers, il promettait aux émigrés ceque la charte ne permettrait jamais de tenir. Aulieu d’être le chef unique et vigoureux de l’État,il ne semblait qu’une victime offerte en sacrificeà l’animosité des deux partis ; un pouvoir occulteprotégé par son frère, et qui prétendait être plusroyaliste que le roi, s’établit à ses côtés mêmesau palais des Tuileries . Pour surcroît de mal-heur, l’autorité fut livrée à des ministre^ sanscrédit, et influencés par les coteries qui agi-taient la cour. Dès lors, il n’y eut plus que de