CHAP. XXII. CAMPAGNE DE I 8 1 5 . 35
taires; enfin, si les défauts que nous venons designaler n’avaient précisément rallumé toutes lespassions politiques les plus opposées. Le roi auraiten effet résolu d’un trait de plume le problèmepour lequel on avait combattu vingt ans, puis-qu’il établissait la nouvelle doctrine politique enFrance , et la faisait reconnaître sans contestationpar toute l’Europe : il ne lui fallait, pour réussir,que savoir être maître chez lui ; mais c’était làle point difficile.
Au fait, jamais chef d’état ne s’était trouvédans une situation plus épineuse. Entouré devingt mille émigrés qui voulaient des places, d’an-ciens employés impériaux qui voulaient les con-server, de jacobins qui demandaient aussi d’yavoir part, de doctrinaires qui prétendaient êtreseuls capables de conduire un état constitution-nel , d’anciens royalistes et d’un haut clergé quine voulaient ni de la constitution, ni de ceux quiétaient chargés de la faire marcher; Louis XVIII eût été un ange, un génie, qu’il ne fût pas venuà bout de rallier les partis. Cette vérité une foisreconnue, il devait du moins s’attacher à leurassigner des limites infranchissables, à marcherd’un pas ferme et franc entre ces écueils.
Un prince qui dispose d’un milliard par an,ainsi que de tous les emplois de l’administra-tion et de l’armée, vient à bout de tout avec
Embarrasgraves deLouis xvm
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