2^4 VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLÉON.
rivé que vers quatre heures à Moustier. Or,l’état affreux des chemins, le mauvais état desponts, le défilé marécageux de la Dyle, et sur-tout la présence du corps de Thileman qui sefût prolongé des hauteurs de Bierge sur Limalepour s’opposer au passage, autorisent à croireque Grouchy ne fût arrivé à Lasne ou Saint-Lam-bert qu’entre sept et huit heures du soir. Alorsles corps de Thileman et Pirch, formés derrièrele ruisseau de Lasne, l’eussent empêché de pous-ser plus loin; Bulow et Ziethen n’en eussent pasmoins décidé la bataille à Waterloo ; elle eût étécertainement moins désastreuse pour les vain-cus, mais il n’était guère possible de la gagner.
Une grande controverse s’est élevée à ce su-jet : chacun a interprété à sa guise et selon sesvues, les suites qu’aurait pu amener ce mouve-ment conseillé par le général Gérard. Pour bienjuger le résultat que l’on pouvait s’en promettre,il ne faut pas oublier que le corps de Thileman,posté sur les hauteurs de Bierge, s’éclairant jus-que sur Limale, avait l’ordre de suivre celui dePirch sur Saint-Lambert, dans le cas où Grou chy ne se montrerait pas vers Wavre , et qu’unede ses divisions s’était même déjà mise en marcheà cet effet. S’il est vrai que les troupes de Grou chy , prenant dès midi le chemin de Nil-Saint-Mar-tin sur Moustier, y fussent arrivées entre trois et