CHAP. XXII. CAMPAGNE DE I 8 I 5. 2^3
faute on ajouta celle de partir un peu tard , ensorte que vers midi seulement Yandame avaitdépassé Sart à Valain, et que les têtes de colonnede Gérard atteignaient ce village.
Grouchy venait d’y être rejoint par ce général,lorsque le bruit d’une canonnade sourde et loin-taine, mais vive et soutenue, vint signaler unebataille sérieuse : alors le comte Gérard proposaau maréchal de se diriger sur-le-champ de cecôté, persuadé qu’en marchant au canon, commeNey l’avait fait à Eylau, on pourrait décider lavictoire (i).
Bien que ce conseil fût fort sage en lui-même,il faut avouer que l’on ne pouvait pas s’en pro-mettre les mêmes avantages que si ce mouvementeût été opéré de Gembloux dès le point du jour,et qu’il fût arrivé un peu tard pour être décisif;car, en supposant que Yandame, dont le corpsse trouvait en tête, pût commencer son mou-vement vers une heure, et cela à la hauteur deSaint-Martin, il est probable qu’il ne serait ar-
(i) La maxime de marcher au canon est fort sage engénéral, puisqu’elle n’est au fond qu’une manoeuvre con-centrique, dont l’effet est presque toujours certain; il estcependant des circonstances particulières où il faut fairedes exceptions : la bataille de Bautzen en est un des exem-ples les plus frappants. (Voyez chap. xx.)