CIIAP. XXII. CAMPAGNE. DE I 8 1 5 . a/j Ila sortie convenue, et avait enlevé, soit à la ja-lousie , soit à la faiblesse des députés, le décretqui déclarait traîtres à la patrie tous ceux quioseraient prononcer une dissolution , bien quecet acte fût cependant un des droits constitu-tionnels de l’Empereur. Singulière manie*de cesprétendus apôtres de la légalité, qui frappaientde mort le chef de l’état s’il voulait exécuter la loi !
Ce décret, qui était à lui seul une révolutiontout entière, mandait au sein de l’assemblée lesministres réunis chez Napoléon : dès lors il n’yavait plus rien à espérer; en vain Lucien, accompa-gné des ministres, vint-il demander à la chambre,au nom de l’Empereur, de désigner une commis-sion pour s’entendre sur les mesures de salut pu-blic , indispensables dans les circonstances : l’ab-dication était le but unique des conjurés. Lacommission fut nommée à la vérité, mais ellefut composée des plus chauds ennemis de l’Em-pereur, Lanjuinais, Lafayette, Grenier, Flau-guerges, Dupont de l’Eure; sa majorité ne sutproposer autre chose qu’une niaise et vaine né-gociation avec les puissances. A la lecture de sonrapport, une foule de députés, et Lafayette sur-tout , s’écrièrent que cela serait insuffisant sansl’abdication, qu’il fallait cette abdication dans uneheure ou la déchéance!
Tandis que ces vociférations de la médiocrité
ni