l(\0 VIE POLIT. ET MILIT. DE NAPOLEON .
compter sur elles. Régnant de Saint-Jean d’An-gély lui-même,' cet orateur obséquieux et com-plaisant, osa ajouter à l’opinion du ministre dela marine, que les chambres exigeraient sansdoute une nouvelle abdication; il poussa mêmela hardiesse jusqu’à insinuer que, si on ne l’offrait,pas, elles pourraient bien l’exiger.Lucien , indi-gné avec raison, et se rappelant le 18 brumaire,demandait que l’Empereur se passât des cham-bres et sauvât la France à lui seul. Carnot enfin,on doit l’avouer à sa louange, fut celui qui en-tra le mieux dans les vues d’une défense déses-pérée, et de la dictature qui devait en fournirles moyens; il fallait, selon lui, délivrer à toutprix le sol de la France , et renouveler, au besoin ,toute l’énergie du comité de salut public en 1793.S’il ne fut jamais un grand politique, il montradu moins l’énergie d’un Romain.
Pendant que ces graves questions s’agitaient àl’Elysée , les résolutions prises la veille dans leconciliabule de Fouché portaient leur fruit dansles chambres; les bruits de dissolution perfide-ment répandus bien avant que la question eneût été agitée, et au moment même où l’on pro-posait au contraire la bonne harmonie avec leschambres comme l’unique planche de salut,avaient produit l’effet que les conjurés en atten-daient. Lafayette venait de faire, avec succès,