9.54 V1F - POLIT. KT MILLT. DK NAPOLÉON.
Dès lors toute société bien ordonnée doit inves-tir ses chefs de toute la force indispensable pourles rendre redoutables au dehors et respectés àl’intérieur. Hors de ces conditions, il n’y auradans son gouvernement qu’anarchie, démagogieou faiblesse. Avec les utopies des Lafayette, desLanjuinais, des B. Constant, on ne fera que desRois citoyens, sans dignité et sans pouvoir, commeceux de Pologne ou de Hongrie ; ou bien desrépubliques anarchiques, comme celle de l’anIV et de l’an V. Toutes les subtiles déclamationsne sauraient atténuer cette grande vérité.—Avecla licence de la presse journalière et des élec-tions populaires, aucune puissance continentalene se maintiendrait durant cinquante années...,et la France moins que toute autre, grâce àl’esprit passionné et impétueux de la nation. Endéfinitive l’expérience prouvera, qui connaissait
a été bien singulièrement méconnue dans ces derniers temps,car le célèbre rédacteur des Lettres sur les Cent jours, enparlant de la chute de Napoléon , l’attribuait à la haine quelui portait le commerce, qui, selon le publiciste, tend àeffacer les rivalités entre les peuples, et à rapprocher les indivi-dus aussi bien que les nations : étrange doctrine qui dénote uneignorance inconcevable de l’histoire de tous les siècles, puis-que les grandes luttes de Carthage et de Rome , comme cellesentre l’Angleterre, la France et la Hollande, ne provinrentque de rivalités de marchands, plus tenaces même que lesrivalités féodales ou nationales.