CUAP. XXII. CAMPAGNE DE I 8 I 5 . 9.55
mieux ses vrais intérêts, de Napoléon ou desdoctrinaires qui ont sapé sa puissance.
Des hommes, aveuglés par leurs utopies, ontprétendu « qu’il s’était aliéné les classes éclai-« rées des Français en étouffant la pensée; qu’il«avait, en la frappant (Fun sceptre magique ,« arrêté les progrès moraux et politiques de l’es-« pèce humaine, qui s’était sentie comprimée«sous un poids énorme, et retenue dans line« douloureuse immobilité.» Ces grandes phrasesont pu fasciner de petits esprits; mais le suf-frage des hommes sensés lui restera, et la géné-ration prochaine pourra déjà apprécier si le dé-vergondage de la pensée et de la presse n’estpas plus à craindre pour une nation comme lafrançaise, que les bornes qu’il voulut mettre àla licence (r); on verra si la morale publique etle caractère national auront beaucoup gagné àla rupture de tous les freins; si le droit de toutdire, de tout imprimer, de tout avilir, formera desgrands hommes, et fera faire des progrès réelsà la raison humaine, ou bien si le résultat de ceprétendu âge d’or ne sera pas tout contraire.
(i) Nous ne pouvons trop répéter que la censure impé-riale, absurde dans ses dispositions réglementaires, eût étébonne en elle-même, si elle n’avait atteint que la pressepériodique, et qu’on l’eût confiée à des hommes plus indé-pendants par leur position.