2.56 VIE POLIT. ET MILIT. Dli NAPOLÉON.
Quant au reproche d’ambition sans frein etsans mesure , que nous ne lui avons pas épargnénous-mêmes, il faut avouer que les apparencesdu moins le condamnèrent : cependant on n’apas assez fait la part des nécessités de sa posi-tion, tant envers l’Angleterre qu’envers les au-tres puissances européennes, et surtout enversles princes émigrés et la révolution. Beaucoupd’invasions et d’agressions lui furent dictées parces nécessités.
L’idée d’une grande domination européenneà opposer à la puissance anglaise l’entraîna certesau delà de toutes les bornes de la sagesse et de lamodération,et contribua puissamment à sa chute ;mais si cette idée était élevée et digne de lui, ilest juste de dire que les moyens qu’il employapour arriver à ses fins révoltèrent jusqu’à sesalliés et lui nuisirent beaucoup plus que ses pro-jets mêmes.
Ici s’arrête notre tâche; cette brochure n’ayantpour but que de compléter une Yie de Napo-léon racontée par lui-même, nous ne pensonspas devoir retracer les suites de l’invasion quifut le résultat de la bataille de Waterloo , et dudépart de l’Empereur. Chacun sait la conventionconclue, le 3 juillet, par Davoust et les déléguésdu gouvernement provisoire, pour l’évacuationde Paris , et la retraite de l’armée derrière la Loire.