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afin d’y attendre les quatre divisions de Pirch, quidevaient arriver dans la nuit.
Certes, si le maréchal Ney avait eu ses sept divi-sions sous la main, il eût bien pu en porter quatreà Frasne et trois aux Quatre-Bras; mais sachant qu’ilne pouvait pas compter ce jour-là sur le corps d’Er-lon, et ignorant absolument où se trouvaient les forcesde Wellington, peut-on lui faire un reproche d’avoirhésité à exécuter ce mouvement partiel et un peuexcentrique, au milieu de deux armées qui ne comp-taient pas moins de 220 mille combattants? Pour moncompte, je ne le pense pas, à moins que l’ordre dedonner tête baissée jusqu’aux Quatre-Bras n’aitété formelle nient exprimé (i). Je vais plus loin, jecrois même que Napoléon , revenu à Charleroi aprèsle combat de Gilly, dut se féliciter que sa gauche fûtrestée à la hauteur du'reste de l’armée qui bivoua-quait autour de Lambusart ; car ici cette aile n’étaitpoint aventurée, et pouvait, dès cinq heures du ma-tin, aller occuper Quatre-Bras, en même temps queGrouchy marcherait vivement sur Sombref.
Cette vérité si palpable me porte à croire que, dansson entrevue avec le maréchal Ney, la nuit du 1 5au 16, Napoléon exprima quelque chose de pareil (2).Il est bien certain du moins que, dès les premièresparoles qu’ils échangèrent, l’Empereur dut entretenirle maréchal de ce qui avait été fait et de ce qu’il s’a-gissait de faire désormais : or, si le premier témoi-gna plus ou moins de regrets que la gauche se fût
(1) Napoléon a écrit à Sainte-Hélène, d’après des souvenirs,n’ayant pas de documents écrits : sa mémoire était bonne, il estvrai ; mais quand il s’agit d’ordres verbaux donnés dans le brouhahad’une opération comme le passage de la Sambre, on peut, troisans après, se faire illusion sur les expressions employées.
(a) Cela est si vrai, que , dans le livre IX, page 87, l’Empereurdit formellement que, le i 5 au soir, tout avait réussi à souhait,et que son opération promettait un succès certain ; aveu naïf dupeu de prix qu’il attacha à l’occupation partielle et isolée desQuatre-Bras, pour ce jour-là.