NOTICE
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arrêtée entre Frasne et Gosselies, puisque la droiteétait restée vers Lambusart, il dut nécessairementajouter, ou qu’il fallait réparer ce retard dès le len-demain matin, ou quil verrait au point du jourles ordres ultérieurs qu’il conviendrait de donneraprès les rapports de la nuit.
En effet, si le maréchal Ney n’avait pas revu l’Em-pereur, depuis la réception de l’ordre du i5, il estclair qu’il eût été de son devoir de reprendre, dès lepoint du jour, l’exécution différée la veille; car, lors-qu’on opère à la distance d’une marche du quartiergénéral, et qu’un mouvement prescrit se trouve re-tardé par des incidents, il doit naturellement êtreexécuté aussitôt que possible, tant qu’il n’est pasrévoqué. Mais, dès que les généraux avaient conférélonguement ensemble dans la nuit, postérieurementà la non exécution de l’ordre, il eu était tout autre-ment, et le maréchal pouvait regarder cet ordre an-térieur comme non avenu , s’il n’était formellementconfirmé. On voit donc que l’intention manifestée parl’Empereur dans cette entrevue constitue nécessaire-ment le nœud de l’énigme. Laquelle des deux inten-tions susmentionnées exprima-t-il ? Voilà toute laquestion ; voilà aussi ce que Dieu seul peut décider,s’il n’y a point eu de témoin de cette conférence.
Pour moi, je ne puis me former une opinion quesur des apparences ou des conjectures ; or, voici quellessont ces apparences à mes yeux, si je me retrace bienla situation d’esprit de l’Empereur et les données surlesquelles il devait juger.
Napoléon ne comptait certes pas surprendre lesarmées alliées endormies dans leurs cantonnements,qui se trouvaient dispersés depuis Liège jusqu’à Ma-lines; mais il comptait prendre l’initiative et les battreséparément au moment où elles s’efforceraient de seconcentrer. Le premier des éléments de victoire étaitdonc la rapidité, mais la rapidité de Rivoli, de Casti-glione, et surtout d’Abensberg et de Dresde .