Buch 
Précis politique et militaire de la campagne de 1815 : pour servir de supplément et de rectification à la vie politique et militaire de Napoléon, racontée par lui-même / par le Général J***
Entstehung
Seite
272
JPEG-Download
 

NOTICE

27 2

Après avoir fait tout ce qui était en mon pouvoirpour éclaircir les événements du 1 5 et de la nuit, ilme reste à pénétrer les mystères de la matinée du 16,et, dès mon début, je me trouve en présence dunecirconstance assez grave.

Le livre IX de Sainte-Hélène prétend que le ma-réchal Ney reçut dans la nuit lordre de se portervivement sur Quatre-Bras, et affirme en même tempsque cet ordre lui fut porté par laide de camp gé-néral Flahaut (page 88). Or, votre brochure donneune lettre de ce général, affirmant que lordre enquestion lui fut dicté entre huit et neuf heures dumatin, ce qui, au mois de juin, est bien loin de lanuit. A la vérité, le général Flahaut dit aussi quecette dictée eut lieu de bonne heure, expression quima étonné, car, à cette époque de lannée, huit etneuf heures ne sont pas de bonne heure.

Jai exposé plus haut comment on pouvait tirer desexpressions mêmes de cette dépêche linduction quellecontenait le premier ordre formel daller occuper lesQuatre-Bras. Une seule circonstance pourrait faireinterpréter autrement les faits que je viens de citer :ce serait celle que rapportent les écrits de Sainte-Hélène (page go du livre IX) : « M. le maréchal Ney« aurait suspendu une seconde fois son mouvement«sur Quatre-Bras, parce quil avait appris que la« jonction des deux armées ennemies était opérée, et« quil pensait que cela pouvait changer les détermi-« nations de lEmpereur dont il demandait les ordres. »

Nous trouvons, en effet, à la page 5 7 de votrebrochure, que le général Reille alla voir le maréchalà sept heures du matin, et que celui-ci lui dit quilattendait des ordres de lEmpereur, auquel il rendaitcompte de sa position.

Il est probable que ce fait est le même que celuimentionné plus haut ; mais il est exprimé de tellemanière que lon ne saurait rien en conclure ni enfaveur du maréchal ni contre lui, car le rapport pa-