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paît avoir été fait verbalement par un officier d’état-major, longtemps après le départ du général Flahaut.Les ordres dictés d’abord au maréchal Soult, et plustard à ce général, ne furent donc point motivés parce rapport; et les inductions que vous pouvez tirerde ces dépêches réitérées, pour prouver qu’il n’avaitété donné dans la nuit aucune confirmation de l’ordreverbal du i 5 , restent dans toute leur force.
Au demeurant, il règne sur ce rapport du maré-chal, comme sur beaucoup d’autres points, une grandeobscurité; le livre IX parle de l’arrivée de cet officiervers Fleurus au moment où l’on venait de reconnaîtrel’armée prussienne, c’est-à-dire vers midi. Or, le ma-réchal disait déjà, à sept heures, à Gosselies, au gé-néral Reille, qu’il rendait compte de sa position etdemandait des ordres. L’officier chargé de ce soinfut dirigé sur Charleroi : comment n’y serait-il pasarrivé avant le départ de l’Empereur?
D’un autre côté, je trouve dans la lettre du gé-néral Reille, qu’à neuf heures il reçut et expédiadirectement à l’Empereur un officier envoyé par legénéral Girard, annonçant que l’armée prussienneentière se formait derrière Fleurus. Une heure après,le maréchal Soult écrit de Charleroi au commandantde l’aile gauche, qu’un officier de lanciers vient d’an-noncer que de grandes masses ennemies se montrentdu côté des Quatre-Bras. Ceci fut écrit vers dix heu-res, et coïncide avec l’envoi de cet officier de Girard.Serait-ce peut-être là le rapport suspensif mentionnépage 90? D’une autre part, comment l’Empereur, ré-pondant au rapport, de l'officier envoyé par Reille,aurait-il confondu Quatre-Rras et Fleurus (r)? Et,lorsqu’il faisait écrire dans la même dépêche que Rlii-
(1) Cela serait étrange, mais n’est point impossible : préoccupéde la pensée que Reille marche vers Quatre-Bras contre les Anglais ,Napoléon imagine peut-être que l’année dont l’officier envoyé parce général annonce le rassemblement, n’est autre qu’une portionde l’armée anglaise qui doit couvrir Quatre-Bras.