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cher ayant passé la nuit à Narnur, son armée ne pou-vait rien détacher sur Quatre-Bras, Napoléon igno-rait-il tout ce que Grouchy , Girard et Reille avaientrapporté, ou bien ajoutait-il plus de foi à ses agentssecrets qui lui donnaient des renseignements con-traires? C’est ce que le plus habile ne parviendraitpas à expliquer. En définitive, il est malheureux quece rapport attribué au maréchal ne soit pas arrivéécrit jusqu’à nous, il aurait certainement éclaircibien des doutes sur les ordres donnés antérieurement.
Mais laissons là toutes les suppositions auxquellesces divers incidents pourraient donner lieu, et reve-nons aux faits. Le général Reille écrit de Gosselies,à dix heures et un quart, que le général Flahaut luia communiqué les ordres dont il était chargé pourle maréchal, ce qui fait supposer que ces ordres ontpassé vers dix heures à Gosselies, et ne sont arrivésà Frasne qu’à onze heures, comme le colonel Heymèsl’indique. Le général Reille ajoute : « qu’il suspend«sa marche sur Quatre-Bras en l’absence du maré-« chai Ney, par la raison que des renseignements tout« récents sur l’arrivée de grandes masses prussiennes« lui paraissaient de nature à changer les dispositions« de l’Empereur; il attend donc un ordre positif du« maréchal. »
Cet incident, qui fut, certes, un malheur, occa-sionna un nouveau retard; mais ce n’était plus unévénement décisif, d’après ce qui se passait à Fleuruset à Ligny. En effet, il est évident que si le maréchalne recevait l’ordre à Frasne que vers onze heures, etsi Reille en attendait le résultat avant de se mettreen mouvement, il ne pouvait guère s’ébranler avantmidi; dès lors il n’y avait nulle possibilité de com-mencer l’attaque des Quatre-Bras avant deux heures,ainsi que cela eut effectivement lieu. Or, à midi, onvenait de reconnaître l’armée prussienne derrièreLigny, et il était un peu tard pour aller sur Genape,quand il s’agissait d’aller à Bry : mieux eût valu cta-