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Précis politique et militaire de la campagne de 1815 : pour servir de supplément et de rectification à la vie politique et militaire de Napoléon, racontée par lui-même / par le Général J***
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cher ayant passé la nuit à Narnur, son armée ne pou-vait rien détacher sur Quatre-Bras, Napoléon igno-rait-il tout ce que Grouchy , Girard et Reille avaientrapporté, ou bien ajoutait-il plus de foi à ses agentssecrets qui lui donnaient des renseignements con-traires? Cest ce que le plus habile ne parviendraitpas à expliquer. En définitive, il est malheureux quece rapport attribué au maréchal ne soit pas arrivéécrit jusquà nous, il aurait certainement éclaircibien des doutes sur les ordres donnés antérieurement.

Mais laissons toutes les suppositions auxquellesces divers incidents pourraient donner lieu, et reve-nons aux faits. Le général Reille écrit de Gosselies,à dix heures et un quart, que le général Flahaut luia communiqué les ordres dont il était chargé pourle maréchal, ce qui fait supposer que ces ordres ontpassé vers dix heures à Gosselies, et ne sont arrivésà Frasne quà onze heures, comme le colonel Heymèslindique. Le général Reille ajoute : « quil suspend«sa marche sur Quatre-Bras en labsence du maré-« chai Ney, par la raison que des renseignements tout« récents sur larrivée de grandes masses prussiennes« lui paraissaient de nature à changer les dispositions« de lEmpereur; il attend donc un ordre positif du« maréchal. »

Cet incident, qui fut, certes, un malheur, occa-sionna un nouveau retard; mais ce nétait plus unévénement décisif, daprès ce qui se passait à Fleuruset à Ligny. En effet, il est évident que si le maréchalne recevait lordre à Frasne que vers onze heures, etsi Reille en attendait le résultat avant de se mettreen mouvement, il ne pouvait guère sébranler avantmidi; dès lors il ny avait nulle possibilité de com-mencer lattaque des Quatre-Bras avant deux heures,ainsi que cela eut effectivement lieu. Or, à midi, onvenait de reconnaître larmée prussienne derrièreLigny, et il était un peu tard pour aller sur Genape,quand il sagissait daller à Bry : mieux eût valu cta-