2^8 NOTICK
Sans doute le maréchal Ney eût agi habilement enmarchant à tout risque le 16 au matin sur ce pointimportant : mais il y a loin d’une hésitation mo-tivée par une juste prudence, avec la non exécu-tion d’ordres formellement reçus, et, pour blâmercette prudence, il faudrait encore savoir si, dans laconférence de la nuit, l’Empereur ne donna pas àentendre qu’il enverrait de nouveaux ordres au pointdu jour, circonstance qui eût lié les bras au maréchal.
Dans tout ce qui précède, j’ai admis l’existence del’ordre verbal du 1 5 au soir. Si vous parveniez à dé-montrer que l’ordre écrit et porté par Flahaut le 16au matin fut le premier et le seul qui ait prescritl’occupation des Quatre-Bras, alors le maréchal seraitcertainement plus que justifié de tout reproche et àl’abri de toute critique. Cette expression franche etsincère vous prouvera à quel point je suis disposé àrendre justice à M. votre père, tout en conservantmon impartialité d’historien. Cette impartialité est,j’espère, assez bien établie, pour que personne nesonge à me reprocher de vouloir porter la moindreatteinte à l’immense gloire de Napoléon, car personnene l’a proclamée plus haut que moi. Un grand capi-taine peut être conduit par de faux renseignementsà faire des suppositions inexactes sur les intentionsde l’ennemi, et se trouver entraîné parla à commettreune faute réelle, qui n’en serait point une, si les sup-positions avaient été fondées. L’Empereur eut sansdoute de puissants motifs pour ne prendre un partidécisif qu’à trois heures; et ce furent probablementles mêmes motifs qui le déterminèrent à n’envoyerFlahaut qu’à neuf heures, pour prescrire un mouve-ment qui, à cette heure, aurait clû être déjà exécuté.
Je n’ai pas cru devoir relever le reproche que plu-
dément pas positivement ce qui a pu être dit de vive voix , etn’indique pas que le major général ait assisté à la conférence dela nuit.