IMPORTANTE.
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Ney plus près de soi, sous la main, afin de pouvoirjeter sans délai l’un de ses deux, corps d’infanterieet sa grosse cavalerie sur le flanc droit des Prussiens,ce qui pouvait s’exécuter de Frasne tout aussi bienque des Quatre-Bras. Sans doute, il eût été désirableque ce point central des Quatre-Bras fût occupé préa-lablement par le corps de Reille et la cavalerie légèrede Colbert et de Lefèvre-Desnouettes; mais ce n’étaitplus là une question décisive, car, en définitive, onpouvait couvrir la route de Bruxelles en laissant cescorps en avant de Frasne, pour masquer celui dupi’ince. d’Orange, et rien ne s’opposait à jeter d’Erlonet Yalmy, avec 20 mille hommes, sur Bry, comme onle voulut trop tard.
6° Cette vérité, qu’aucun militaire éclairé ne con-testera, prouve que la non occupation des Quatre-Bras,le 16, quoique malheureuse au fond, 11’aurait pas eu,dans le fait, les suites qu’on lui a attribuées, si l’oneût donné à temps des ordres pour le meilleur em-ploi possible de la gauche, ce qui ne fut fait qu’àtrois heures après midi.
Voilà, Monsieur le Duc, ce qui me semble ressortirde toutes les minutieuses investigations auxquelles jeme suis livré. En conséquence, je demeure convaincuque si le maréchal Ney reçut l’ordre verbal du i 5 ausoir, et s’il prit sur lui d’en différer l’exécution, cene fut qu’un petit malheur très-facile à réparer dèsle 16 au matin. Quant à cette journée du 16 juin, jecrois aussi que l’on 11e saurait lui adresser aucun re-proche, à moins que dans la conférence de la nuità Charleroi , il ne lui eût été réitéré verbalementl’injonction formelle de marcher au point du joursur Quatre-Bras, chose incertaine et presque impos-sible à constater, s’il est vrai que le maréchal Soultn’ait pas été présent à l’entrevue (1 ).
(1) La déclaration du maréchal Soult, mentionnée dans votrebrochure, page 3 o, porte que l’Empereur ne donna ordre d’oc-cuper les Quatre-Bras que le 16, après son déjeuner; mais elle ne