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NOTICE IMPORTANTE.
ordres du 15 juin ; c’est que ce jour-là le maréchalGrouchy ne commandait que les réserves de cavalerieet n’avait pas un homme d’infanterie à sa disposition,puisque ce ne fut que le 16 au matin que le comman-dement de l’aile droite lui fut conféré. Il serait doncbien possible que Napoléon eût recommandé au chefde sa cavalerie de pousser avec ses nombreux esca-drons jusqu'à Sombref, non pour y prendre une po-sition de combat, mais seulement comme une fortereconnaissance dans le double but de donner des ren-seignements certains, et de gêner en même temps lesmouvements des alliés pour concentrer leurs forcespar cette route transversale. Alors, dès le 16 au matin,les deux masses d’infanterie se seraient mises en de-voir d’occuper militairement et simultanément les deuxpoints décisifs de toute l’opération, pour rendre ainsiimpossible la jonction des armées ennemies.
Cette circonstance du commandement de la cava-lerie, à laquelle je n’avais pas donné assez d’atten-tion, autoriserait bien à croire que Napoléon putordonner à Grouchy , dans la journée du 15, de pousserjusqu’à Sombref, sans songer à porter des massesd’infanterie isolément aux Quatre-Bras. L’encombre-ment qui existait aux divers ponts de la Sambre, et lesretards éprouvés par l’infanterie fortifient encore cetteopinion. Du reste, je crois avoir démontré qu’il étaitplus prudent, et en même temps suffisant, de s’em-parer des Quatre-Bras dès le 16 au matin.
La dernière observation que je crois juste de faireest relative à la résolution que prit le général Reille dene pas mettre en marche son corps le 16 à 10 heuresdu matin, dès que le général Flaliaut lui eut commu-niqué les ordres qu’il portait à M. le maréchal Ney. Jene pense pas qu’on puisse lui adresser le moindre re-proche à ce sujet : il ne faut pas oublier que le généralReille venait d’envoyer à 9 heures la nouvelle certaine