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Précis politique et militaire de la campagne de 1815 : pour servir de supplément et de rectification à la vie politique et militaire de Napoléon, racontée par lui-même / par le Général J***
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NOTICE IMPORTANTE.

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de la présence de toute larmée prussienne versLigny :il devait en conclure que la gauche serait appelée aprendre part à lattaque de cette armée, et que ce se-rait un malheur si après de tels renseignements il s'en-gageait sur la route de Genape quand il faudrait serabattre à droite vers Bry. Ce raisonnement était plusque logique, il était fondé sur les lois de la grande tac-tique , et lEmpereur lui-même, sil eût été présent aGosselies à la réception des renseignements donnéspar le général Girard , naurait pas agi autrement queReille. Il faut ajouter encore que les ordres de lEmpe-reur étaient adressés au maréchal Ney, et que cétaitde celui-ci quil devait attendre la décision délinitive dumouvement quil sagirait de faire.

Du reste, ce retard eut une faible influence sur lamarche des affaires ; il neut de résultat que sur la pre-mière période du combat des Quatre-Bras entre 2 eth heures. Si Reille, suivi plus tard par dErlon, fûtarrivé sur ce point à midi, il est probable que le princedOrange en eût été délogé avantlarrivée de Wellingtonet des Anglais venant de Bruxelles ou de Nivelles : le ma-réchal Ney, au lieu dêtre repoussé et forcé à la retraitesurFrasne, se fût maintenu; mais cétait tout ce quonpouvait espérer de lui, puisque vers le soir il aurait euplus de 40,000 hommes sur les bras. Il naurait pumême conserver ce poste que dans la suppositiondErlon eût été avec lui, en sorte que cela neût pasdonné un homme de plus pour combattre larméeprussienne : le maréchal eût repoussé Wellington auliëu dêtre repoussé par lui; voilà tout.

La bataille de Ligny ne pouvait donc avoir des suitesdécisives quen y portant tout ou moitié de laile gau-che ; et pour obtenir ce résultat, le moyen le plus sûrétait de faire ce que voulut sans doute faire Reille :arrêter la gauche derrière le ruisseau de Pont-à-Mique-loup, entre Gosselies et Frasne, pour en diriger uneforte partie droit à Bry sur le flanc des Prussiens.