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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du générai Rapp.

ments , gratifications, irais extraordinaires,etc. J’en ai perdu les cinq sixièmes ; je ne lesregrette pas : ce qui me reste forme encore unassez beau contraste avec ma fortune primitive.Mais ce que je regrette, c’est ce long amas degloire acquise au prix de tant de sang et defatigues; elle est a jamais perdue : voila dequoi je suis inconsolable.

Je ne suis pas le seul qu’il ait comblé debiens. Mille autres ont été accablés de faveurs,sans que jamais les torts que plusieurs de nousont eus envers lui aient pu nous faire perdresa bienveillance. Quelque forts que fussentces griefs, il les oubliait toujours, dès qu’ilétait convaincu que le coeur n’y était pourrien. Je pourrais citer cent exemples de sonindulgence a ce t égard : je me borne aux suivants.

Lorsqu’il prit le titre d’empereur, les chan-gements qu’il fut obligé de faire dans sa mai-son, qui jusque-la n’avait été que militaire, dé-plurent a plusieurs d’entre nous ; nous étionshabitués a l’intimité de ce grand homme ; laréserve que nous imposait la pourpre nousblessait.

Les généraux Reynier et Damas étaientalors en disgrâce : j’étais lié avec l’un et avecl’autre, et je n’avais pas l’habitude d’abandon-ner mes amis malheureux. J’avais tout fait pourdissiper les préventions de Napoléon contreces deux officiers généraux, sans pouvoir yréussir. Je revins un jour a la charge au sujetde Reignier; Napoléon impatienté prit del’humeur, et me dit sèchement qu’il ne voulaitplus entendre parler de lui. J’écrivis a ce bravegénéral que toutes mes démarches avaient été