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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

infructueuses; je l’exhortai a la patience, etj’ajoutai quelques phrases dictées par le dépit.J’eus l’imprudence de confier ma lettre a la

K 3ste; elle fut ouverte et envoyée a l’empereur.

la lut trois ou quatre fois, se lit apporterde mon écriture pour comparer, et ne pouvaitse persuader que je l’eusse écrite. 11 se mitdans une colère affreuse, et m’envoya de Saint-Cloud un courrier aux Tuileries , où j’étaislogé. Je crus être appelé pour une mission,et partis sur-le-champ. Je trouvai Caulain-court dans le salon de service avec Cafarelli: jelui demandai ce qu’il y avait de nouveau. 11connaissait déjà l’affaire , il en paraissait peiné;mais il ne m’en dit pas un mot. J’entrai chezNapoléon, qui, ma lettre a la main, sortait ducabinet comme un furieux. Il me regarda avecces yeux étincelants qui ont fait trembler tantde monde. ,(Connaissez - vous cette écriture ? —,,Oui, Sire. — Elle est de vous? — Oui, Sire.„•—Vous êtes le dernier que j’aurais soupçonné.,,Pouvez-vous écrire de pareilles horreurs a mes,,ennemis? vous que j’ai toujours si bien traité 1,,vous pour qui j’ai tout fait! vous le seul de,,mes aides-de-camp que j’ai logé aus Tuileries !“La porte de son cabinet était entr’ouverte ; ils’en aperçut, et alla l’ouvrir tout-a-fait, afinque 1VI. Menneval, un des secrétaires , entenditla scène qu’il me faisait. ,,Allez, me dit-il en,,me toisant du haut en bas, vous êtes un in-,,grat! — Non, sire; l’ingratitude n’est jamais,,entrée dans mon coeur. — Relisez cette lettre,,(il me la mit devant les yeux), et décidez. —,,8ire, de tous les reproches que vous pouvez,,me faire, celui-là m’est le plus sensible.