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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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du général Rapp.

d’autres; ils allaient, venaient, causaient,’etarrivèrent ainsi jusqu'au milieu des Autrichiens.I/ofFicier du poste ne voulait pas d’abord lesrecevoir, mais il finit par céder, et la conver-sation s’établit. On lui répéta les propos qu’a-vait déjà tenus le général Bertrand, que lesnégociations avançaient, que la guerre étaitfinie, qu’on ne se battrait, qu’on ne se déchi-rerait plus. „Pourquoi, lui dit le maréchal,,, tenez-vous encore vos canons In’aqués sur„nous? N’est-ce pas assez de sang, de combats?„Voulez-vous nous attaquer , prolonger des,,malheurs cpii vous pèsent plus qu’a nous?,,Allons , pins de provocations : tournez vos piè-,,ces. ,,Moitié subjugué, moitié convaincu, lecommandant obéit. 1/artillerie fut dirigée surles troupes autrichiennes, et les armes misesen faisceau, Pendant ces pourparlers, lepelo-ton d’avant-garde avançait lentement, mais en-fin il avançait, masquant des sapeurs, des ca-nonniers, qui jetaient dans le fleuve les matièrescombustibles, répandaient de l’eau sur les pou-dres et coupaient les conducteurs. L’Autrichien,trop peu familieravec notre langue pour s’inté-resser beaucoup a la conversation, s’aperçutque la troupe gagnait du terrain, et s’efforçaitde faire comprendre que cela ne devait pasêtre, qu’il ne le souffrirait pas. Le maréchalLamies* le général Belliard , tâchèrent de lerassurer ; ils lui dirent que le froid était vif,que nos soldats marquaient le pas, qu’ils cher-chaient h s’échauffer en se donnant du mouve-ment. Mais la colonne approchait toujours, elleétait déjà aux trois quarts du pont ; il perditpatience et commanda le feu. foute la troupe