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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

lerie nous attendit de pied ferme et fut cul-butée du même choc; elle s’enfuit en désor-dre, passant , ainsi que nous, sur le corps denos carrés enfoncés. Les soldats qui n’étaientpas blessés se rallièrent. Un escadron de gre-nadiers a cheval vint me renforcer; je fus amême de recevoir les réserves qui arrivaientau secours de la garde russe. Nous recom-mençâmes. La charge fut terrible ; l’infanterien’osait hassarder son feu; tout était pêle-mêle;nous combattions corps â corps. Enfin l’intré-pidité de nos tronpes triomphe de tous lesobstacles; les Russes fuient et se débandent,Alexandre et l’empereur d’Autriche furenttémoins a la défaite ; placés sur une élévationa peu de distance du champ de bataille , ilsvirent cette garde qui devait fixer la victoiretaillée en pièces par une poignée de braves,Les canons , le bagage, le prince Repnin,étaient dans nos mains ; malheureusementnous avions un bon nombre d’hommes hors decombat, le colonel Morland n’était plus , etj’avais moi-même un coup de pointe dans latête. J’allai rendre compte de cette affaire al’empereur ; mon sabre a moitié cassé, ma blessu-re , le sang dont j’étais couvei’t, un avantagedécisif remporté avec aussi peu de monde surl’élite des troupes ennemies , lui inspirèrentl’idée du tableau qui fut exécuté par Gérard.

Les Russes , comme je l’ai dit, se flattaientde nous battre avec leur garde seule. Cettejactance avait blessé Napoléon , il s’en est rap-pelé long-temps.

Après la bataille d’Austerlitz. Napoléon menomma général de division , et m’envoya au