Mémoires
tï.2
les derrières du duc de Brunswick. Les ho-stilités ne dataient que de deux jours, et ceprince, déjà débordé sur sa gauche, était hla veille d’être tout-h-faire coupé; ses commu-nications avec l’Elbe étaient compromises, dal-lait essuyer les mêmes disgrâces quelVIack, contrelequel il avait tant parlé. Son avant-gardearrivée sur le Mein n’y trouva personne. Cettecirconstance lui parut inouïe sans néan-moins lui faire soupçonner le danger oitil était: la déroute de Saalfeld put seulele tirer de sa sécurité. Il rebroussa en toutebâte ; le duc de Weimar , le prince de Hohen-lohe, eurent ordre d’accourir, et l’armée deréserve de forcer de marche ; mais les uns s’é-garèrent, les autres ne firent pas assez de dili-gence ; une partie des troupes ne put prendrepart a la bataille. Le duc , déconcerté par unsystème de mouvements si nouveaux pour lui,ne savait quel parti prendre : ces marches , cesdispositions, qui se pressaient, se succédaientl’une â l’autre, formaient un imbroglio dont ilne saisissait ni la combinaison ni le but. L oc-cupation de INaümbourg le tira de cet étatd’anxiété; il vit que son aile gauche allait êtretournée ou tout au moins débordée; il ne vou-lut pas attendre, il courut rallier l’armée deréserve qui avançait sur Halle et laissa Ilohen-lohe au camp de Capellendorf pour masquerle mouvement de flanc. Ses troupes, qui n'a-vaient pas partagé les disgrâces de Saalfeld etde Schleitz, persifflaient les corps battus; ellescriaient vive le roi, la reine, tout le monde :elles allaient venger l’affront fait aux armesprussiennes; il n’y avait pas assez de Français