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Mémoires
A une revue où les Polonais se pressaientsur nos troupes, un soldat se mit a jurer touthaut contre le pays et le mauvais temps. „Vous„avez bien tort, lui dit une demoiselle, de ne„pas aimer notre pays , car nous vous aimons,,beaucoup. — Vous êtes fort aimable, luiré-„pliqua le soldat; mais si vous voulez que je,,vous croie. vous nous ferez faire un bon di-,,ner a mon camarade et a inoi.“ Les parentsdelà jeune personne emmenèrent effectivementles deux soldats, et les traitèrent.
C’était surtout au spectacle que la troupese donnait beau jeu. La toile tardait un soir ase lever; un grenadier perdit patience: ,,Com-,,mencez donc, messieurs les Polonais, cila-l-il„du fond du parterre; commencez donc, ou je,,ne passe pas la Vistule .“
M. de Talleyrand s’embourba avec sa voitureà quelque distance de Varsovie et resta unedouzaine d’heures avant de pouvoir s’en tirer.Les soldats, d’assez mauvaise humeur, demandè-rent qui c’était. ,,Le ministre des relations„extérieures,“ répondit quelqu’un de sa suite.„Que diable aussi vient-il faire delà diplomatie„dans un pays de cette espèce ?“
Quatre mots constituaient, pour eux, toutl’idiome polonais; Kleba! nie ma; vota? sara:du pain ? il n’y en a pas ; de l’eau ? on va enapporter. C’était la toute la Pologne .
Napoléon traversait un jour une colonned’infanterie aux environs de Nasielsk , où latroupe éprouvait de grandes privations a causedes boues qui empêchaient les arrivages. „Papa,,,kieba?“ lui cria un soldat. „]Niema,“ répondit