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Mémoires du Général Rapp, Aide-de-Camp de Napoléon / écrits par lui-même et publiés par sa famille
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Mémoires

coup sur la redoute et s’en rendit maître.Un soldat caché dans une embrasure l’étenditroide mort. Il s’endormit du sommeil desbraves; il ne fut pas témoin de nos désastres.

Tout fuyait, le feu avait cessé, le carnagefaisait halte. Le général Belliard alla reconnaî-tre un bois placé a quelque distance. Il aper-çut la route qui convergeait sur nous ; elle étaitcouverte de troupes et de convois qui s’éloi-gnaient. Si on l’interceptait, toute la droite del’armée ennemie était prise dans le segmentoù elle se trouvait. Il vint en prévenir Murat.,,Cours en rendre compte a l’empereur , lui,,dit ce prince.“ Il y fut, mais Napoléon necrut pas le moment venu. „Je n’y vois pas en-,,core assez clair sur mon échiquier. J’attends,,des nouvelles de Poniatowski. Retournez,«examinez et revenez.“ Le général retournaen effet, mais il n’était plus temps. La garderusse s’avançait; infanterie, cavalerie, tout ar-rivait pour renouveler l'attaque? Le généraln’eut que le temps de rassembler quelques piè-ces. De la mitraille, de la mitraille, et tou-jours de la mitraille, dit-il àux artilleurs. Lefeu s’ouvrit, l’effet en fut terrible; en un in-stant la terre se couvrit de morts ; la colonneécrasée se dissipa comme une ombre. Elle n’a-vait pas tiré un coup de fusil. Son artilleriearriva quelques instants après ; nous nous enemparâmes.

La bataille était gagnée, mais le feu étaittoujours terrible. Les balles, les obus, pleu-raient â mes côtés. Dans l’intervalle d’uneheure je fus touché quatre fois, d’abord dedeux coups de feu assez légèrement, ensuite