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Mémoires
„cou ; les Russes ne leur auraient pas fait de,,mal; tandis qu’ils sont exposés, faute de se-,,cours, a mourir sur les grandes routes.Na-poléon n’en convenait pas, mais tout ce qu’ilme disait de rassurant ne le séduisait pas lui-même ; sa figure portait l’empreinte de l’inquié-tude.
Arriva enfin un officier qu’avait dépêché lemaréchal : c’était mon aide-de-camp Turkheim ,qui nous apprit que Moscou était tranquille;que quelques pulks de Cosaques avaient parudans les faubourgs, mais qu’ils n’avaient eugarde d’approcher ni du Kremlin ni des quar-tiers qu’occupaient encore les troupes fran-çaises.
Nous nous remîmes en route. Le soir nousarrivâmes a Krasno-Pachra. La physionomie dupays ne souriait pas a Napoléon : l'aspect hi-deux , l’air sauvage de ces esclaves révoltaitdes yeux accoutumés a d’autres climats. „Je,p oudrais ne pas y laisser un homme; je don-nerais tous les trésors de la Russie pour ne,,pas lui abandonner un blessé. Il faut pren-dre les chevaux, les foux’gons, les voitures,,,tout, pour les transporter. Fais-moi venir unsecrétaire.“ Le secrétaire vint, c’était pourécrire a Mortier ce qu’il venait de me dire. Iln’est pas inutile de citer la dépêche : ces in-structions ne sont pas indignes d’être connues ;ceux qui ont tant déclamé contre son indiffé-rence pourront les méditer.
Au major-général.
,,Faites connaître au duc deTrévise qu’aus-„sitôt que son opération de Moscou sera finie,